Des membres du cabinet Trump testent les limites de la loi en faisant campagne

WASHINGTON — La secrétaire à l’Éducation, Betsy DeVos, a organisé un rassemblement dans son État natal, au Michigan. Le plus haut responsable du département de la Sécurité intérieure était au Texas pour célébrer l’achèvement d’une section du mur frontalier américano-mexicain. Le chef de l’Agence de protection de l’environnement s’est rendu en Caroline du Nord après avoir visité la Géorgie la veille.

C’était juste jeudi.

Les membres du cabinet du président Donald Trump parcourent les États clés dans les derniers jours avant les élections de mardi, mêlant leurs fonctions officielles à la politique partisane. Ces pratiques contreviendraient aux normes établies et même à la loi, selon certains détracteurs.

C’est depuis longtemps l’un des avantages d’être un président sortant: il peut faire appel à son cabinet pour promouvoir les réalisations de l’administration — mais seulement jusqu’à un certain point, selon une loi en vigueur depuis 1939 exigeant une division entre les activités politiques et officielles pour tous les employés fédéraux à l’exception du président et du vice-président.

«L’administration Trump a complètement effacé cette ligne», a déploré Austin Evers, directeur principal d’American Oversight, qui se décrit comme une organisation de surveillance non partisane.

«La Maison-Blanche est désormais le siège du gouvernement, où vit le président, et qui est l’un de ses accessoires de campagne. Et cette érosion des normes s’est répandue dans toute l’administration. »

Cette critique n’est pas nouvelle, mais elle s’est intensifiée ces derniers mois. L’administration, qui a été critiquée pour avoir utilisé la Maison-Blanche comme toile de fond à la Convention nationale républicaine, insiste sur le fait qu’elle adhère à la loi connue sous le nom de loi Hatch.

«L’administration Trump prend la loi Hatch au sérieux et tous les événements sont menés conformément à la loi», a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Judd Deere.

Mais déjà, au moins un membre de l’administration a enfreint la loi.

Le Bureau du conseiller juridique spécial des États-Unis, dirigé par une personne nommée par Donald Trump, a conclu ce mois-ci que le secrétaire à l’Agriculture, Sonny Perdue, avait violé la loi lors d’un événement en Caroline du Nord en août, où ses remarques en faveur du président se sont transformées en chants de foule, qui scandait: «quatre ans de plus». M. Perdue a été condamné à rembourser au gouvernement les frais associés au voyage.

«Il a transformé un événement officiel en un événement de campagne», en liant l’aide aux agriculteurs à la réélection de M. Trump, a souligné Jordan Libowitz, directeur des communications de Citizens for Responsibility and Ethics, à Washington, qui a déposé une plainte auprès de ce bureau fédéral.

Le secrétaire d’État Mike Pompeo pourrait être le prochain.

Deux démocrates de New York, les représentants Eliot L. Engel et la représentante Nita Lowey, ont déclaré cette semaine que le même bureau enquêtait sur le discours que le plus haut diplomate américain a livré à la convention républicaine depuis Israël. Le bureau a refusé de commenter et le département d’État a noté qu’une plainte antérieure contre M. Pompeo avait été rejetée.

Le secrétaire d’État avait déjà participé à d’autres événements, mais il était loin d’être le seul.

Cette semaine, le secrétaire de l’Énergie, Dan Brouillette, était en visite dans le sud-ouest de la Pennsylvanie — un secteur pivot dans l’État clé — pour au moins la troisième fois depuis août. Dans un secteur étroitement lié à la fracturation hydraulique, M. Brouillette n’a pas mentionné le nom du candidat démocrate à la présidentielle Joe Biden, mais il a averti que les efforts visant à développer les énergies renouvelables pour lutter contre les changements climatiques pourraient menacer «toutes les formes d’énergie autres que renouvelables».

Le chef de l’Agence de protection de l’environnement, Andrew Wheeler, a effectué des voyages répétés au Michigan, dont un pour annoncer une subvention de 2 millions $ US, où il a critiqué la réponse de l’administration Obama à la crise de contamination par le plomb à Flint.

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