Des mesures de sécurisation culturelle annoncées au CISSS de Lanaudière

QUÉBEC — Les personnes atikamekw seront mieux servies entre autres à l’Hôpital de Joliette, où des mesures concrètes de sécurisation culturelle sont mises en place.

C’est en tout cas ce que souhaitent les ministres Ian Lafrenière (Affaires autochtones) et Christian Dubé (Santé), la PDG intérimaire du CISSS de Lanaudière, Caroline Barbir, et le chef Paul-Émile Ottawa.

Ils ont pris part jeudi à une conférence de presse virtuelle pour annoncer également la création d’un comité de réconciliation, dans la foulée de la mort de Joyce Echaquan.  

Mme Echaquan est morte le 28 septembre dernier après avoir été insultée de façon dégradante par des employées de l’Hôpital de Joliette, comme le témoigne une vidéo qui a été largement diffusée.

Toutes les employées impliquées dans l’événement tragique ont quitté, a déclaré Mme Barbir, en précisant qu’en plus des deux soignantes congédiées, la chef du service des urgences était partie «d’elle-même». 

Mme Barbir a annoncé qu’une nouvelle agente de liaison en sécurisation culturelle était entrée en poste lundi dernier au CISSS de Lanaudière.

On accueillera aussi un nouvel adjoint au PDG pour les relations autochtones, et un commissaire adjoint aux plaintes et à la qualité des services pour recueillir les signalements de la communauté autochtone.

Ces nouveaux postes seront tous comblés par des personnes issues de la communauté atikamekw, a précisé Mme Barbir.

De son côté, le ministre de la Santé a annoncé qu’un siège au conseil d’administration du CISSS sera réservé à une personne autochtone.

Enfin, tous les employés du CISSS devront obligatoirement suivre une formation dont le contenu sera approuvé par des membres de la communauté atikamekw.

Le CISSS de Lanaudière fera école, s’est félicité M. Dubé, qui a annoncé son intention de reproduire ce modèle à l’échelle du réseau, en s’adaptant aux particularités de chaque région.  

M. Ottawa, chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, a applaudi ces changements, tout en affirmant cependant que «ça fait longtemps que ces choses-là auraient dû être faites».

«Il y a quand même eu des situations malheureuses qui avaient été rapportées par le passé», a-t-il souligné. 

«Maintenant, écoutez, on a décidé de s’engager dans ce processus-là parce que nos gens veulent retrouver foi et confiance au réseau et aux professionnels de la santé.»

Le gouvernement Legault refuse toujours d’adhérer au «Principe de Joyce» qui vise à garantir à tous les Autochtones un droit d’accès équitable aux services sociaux et de santé.

Le nouveau ministre responsable de la lutte contre le racisme, Benoit Charette, n’a pas non plus reconnu l’existence du racisme systémique.

Jeudi, M. Ottawa s’est dit «surpris comme la plupart des gens qui sont interpellés» de la nomination de M. Charette à ce poste.

Laisser un commentaire