Des mesures pour la main-d’oeuvre, mais trop peu, disent patrons et syndicats

QUÉBEC — Difficulté de recrutement de main-d’oeuvre oblige, le deuxième budget Girard prévoit encore des mesures pour favoriser l’emploi de catégories de personnes sous-représentées sur le marché du travail. Mais tant le milieu patronal que le milieu syndical les trouvent nettement insuffisantes.

Au total, 212 millions $ sont prévus sur six ans pour quatre mesures qui ciblent plus particulièrement les personnes immigrantes, les travailleurs étrangers qualifiés et l’intégration des personnes qui ont des contraintes sévères à l’emploi.

Le quatrième axe est celui de la formation des travailleurs en entreprise.

C’est l’intégration des personnes immigrantes au marché du travail qui récolte la plus grande part de la somme, soit 160 millions $ d’ici 2024-2025, qui seront accordés au ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration.

Le ministère doit ainsi renforcer l’accompagnement des personnes immigrantes, notamment en prenant de l’expansion dans les régions du Québec.

La formation des travailleurs en entreprise se verra accorder 29 millions $ sur cinq ans — une somme que les acteurs du monde des affaires et du milieu syndical jugent beaucoup trop mince, puisque les besoins sont importants en matière d’adaptation aux nouvelles technologies, au virage vert à prendre.

En conférence de presse, le ministre des Finances, Eric Girard, a justifié le niveau des investissements en formation cette année par le fait qu’il avait soumis, l’an dernier, des mesures totalisant 1,7 milliard $ sur cinq ans.

Il avait alors ciblé les travailleurs d’expérience, pour les inciter à rester sur le marché du travail et pour inciter les entreprises à les embaucher.

Or, «ce qu’on observe, c’est que le taux de participation des travailleurs expérimentés augmente» depuis, a fait valoir le ministre Girard. «On prend le temps de les évaluer (les mesures) et on pourra en faire plus» le cas échéant, a-t-il soutenu.

Pour attirer des travailleurs étrangers qualifiés, une somme de 10 millions $ est aussi octroyée au ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, pour l’exercice 2019-2020.

Et pour faciliter l’intégration des personnes qui ont des contraintes sévères à l’emploi, une somme de 13,7 millions $ est prévue d’ici 2024-2025.

Il s’agira d’un crédit d’impôt remboursable qui sera offert à 2500 petites et moyennes entreprises pour compenser les cotisations sur la masse salariale des travailleurs qui ont des contraintes sévères à l’emploi.

On prévoit ainsi favoriser l’embauche ou le maintien en emploi de 3000 personnes handicapées, en plus d’accorder un allègement fiscal de 14 millions $ sur cinq ans pour les PME québécoises.

Fonction publique et régions

En matière de ressources humaines, Québec veut aussi transférer 5000 emplois du secteur public de Montréal et Québec vers les régions.

L’objectif est de rapprocher les services des citoyens et de contribuer à la vitalité économique des régions, explique-t-on dans la documentation budgétaire.

Le gouvernement caquiste veut aussi simplifier le processus d’embauche dans la fonction publique. Il promet un «important projet de loi» pour revoir «en profondeur» la dotation de postes dans la fonction publique.

«Préoccupée par la volonté de recruter des candidats compétents pour assurer une offre de services de qualité, dans un contexte de rareté de main-d’oeuvre, la fonction publique doit s’arrimer aux nouvelles tendances et pratiques en matière de dotation, afin d’être plus agile et efficiente», mentionne-t-on dans la documentation budgétaire.