Des militants des droits des animaux investissent une porcherie à St-Hyacinthe

Onze militants pour les droits des animaux ont été arrêtés samedi matin après avoir investi une porcherie de Saint-Hyacinthe, en Montérégie.

Ces membres de la branche montréalaise du groupe Direct Action Everywhere (DxE) cherchaient à dénoncer le sort réservé aux animaux d’élevage, qui méritent à leurs yeux de meilleures protections juridiques. Ils ont diffusé leur coup d’éclat sur leur page Facebook, en demandant une rencontre avec le premier ministre François Legault.

Sur le site web de DxE, on peut lire que ce groupe établi aux États-Unis prône l’«action directe non violente» pour s’opposer à l’exploitation des animaux. Ceux-ci sont des êtres doués de sensibilité et devraient donc pouvoir être mis à l’abri de situations d’abus, fait-on valoir.

Les images captées samedi matin montrent des militants calmement assis contre un mur, faisant face à des cochons alignés dans des cages. Ils dénoncent que ces animaux n’ont même pas suffisamment d’espace pour se retourner et souhaitent les sauver d’une mise à mort.

Des agents de la Sûreté du Québec ont été appelés sur les lieux vers 8 h 00. Les policiers ont annoncé la fin de l’occupation près de trois heures plus tard. Tout s’est déroulé dans le calme, a confirmé Stéphanie Jauvin, porte-parole de la SQ. Neuf des manifestants ont été libérés sous promesse de comparaître, mais deux demeuraient détenus en milieu d’après-midi. Ils seront vraisemblablement accusés d’introduction par effraction.

Le président des Éleveurs de porc du Québec, David Duval, soutient que ce genre d’expérience est «pénible» pour les producteurs, en plus d’occasionner un grand stress pour les cochons eux-mêmes.

Il n’hésite pas à qualifier ces militants d’«intégristes» et leur reproche de diffuser des images prises hors contexte. Les truies peuvent par exemple être isolées après leur insémination pour éviter tout rudoiement qui pourrait nuire à la gestation, illustre-t-il.

Les standards canadiens en matière de bien-être animal sont parmi les plus élevés au monde, insiste M. Duval.

Pour Cassey Phaneuf, l’une des militantes arrêtées samedi, ces normes demeurent néanmoins nettement insuffisantes.

«Lorsqu’on met un prix sur un être vivant, il perd tout droit. C’est ce que j’ai vu sur place», affirme-t-elle.

Les membres de DxE souhaitent porter leurs convictions antispécistes au-delà d’un mode de vie végane, qui consiste à éviter les produits et services dérivés de l’exploitation animale.

Cassey Phaneuf se dit prête à pousser le «sacrifice» encore plus loin, dans l’espoir de voir disparaître l’industrie de l’élevage.

Et c’est avec cet objectif en tête que les militants de DxE continueront d’interpeller les gouvernements du Québec et du Canada, signale-t-elle.

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Un immense merci à ces activistes qui dénoncent ces pratiques immondes! Cela empêchera peut-être les Québécois de dire sans cesse que « ce n’est pas comme ça ici ». Ce n’est pas parce qu’on a les meilleures normes qu’elles sont suffisantes. Autrefois, les meilleures conditions pour les femmes étaient de pouvoir acheter une maison avec l’accord de leur mari, mais était-ce suffisant? Heureusement, des personnes ont fait progresser la cause pour qu’elles soient pleinement indépendantes, comme aujourd’hui avec les animaux.