Des militants proposeront une «refondation» du Bloc lors du conseil général

Des militants du Bloc québécois proposeront une «refondation» du parti lors du conseil général à la fin du mois, suggérant en fait une «mise à zéro de la plateforme et des statuts» et une course à la direction.

La présidente du Forum jeunesse du Bloc québécois et ancienne attachée de presse de la chef bloquiste Martine Ouellet, Camille Goyette-Gingras, a expliqué mercredi en entrevue qu’elle-même et plusieurs militants proposeraient de mettre en quelque sorte le Bloc «en suspens» pendant une période de «refondation».

Le parti serait «reconstruit de zéro», et les membres de partis indépendantistes — du Parti québécois (PQ) et de Québec solidaire (QS) — seraient invités à participer à la démarche. Ce serait le cas également des députés démissionnaires du Bloc québécois.

Concernant le fait que Mme Ouellet a déjà proposé un référendum sur la mission du Bloc et de se soumettre à un vote de confiance, Mme Goyette-Gingras a dit croire qu’il fallait «dépasser ces questions personnelles, et réfléchir au mouvement indépendantiste sur la scène fédérale dans son entièreté».

«Si on décide de faire table rase, on doit le faire sur tous les aspects, incluant la chefferie», a-t-elle argué.

Mme Goyette-Gingras a soutenu qu’il y avait «beaucoup de gens intéressés» par la proposition de «refondation» du parti, sans donner plus de détails, faisant valoir que la nouvelle avait été ébruitée dans les médias de façon anticipée.

Le document envoyé à La Presse canadienne mercredi soir propose une course à la chefferie de deux mois avant un «grand congrès de refondation», une «mise à zéro de la plateforme et des statuts» et une «plateforme collaborative en ligne pour l’élaboration de la proposition principale».

Un vote se tiendrait pour choisir le chef et pour possiblement changer le nom du parti, et une nouvelle plateforme serait adoptée en assemblée délibérante lors d’un grand congrès en décembre prochain. Les membres du Bloc québécois, du Parti québécois, de Québec solidaire pourraient voter.

«La crise devient une occasion de se mobiliser vers ce qui nous motive le plus, soit l’indépendance du Québec, mais aussi d’impliquer des gens qui n’étaient pas nécessairement intéressés de s’impliquer au Bloc de faire partie de la démarche de refondation», a affirmé Mme Goyette-Gingras.