Des militants se moquent d’un avertissement de la police à Hong Kong

HONG KONG — La police de Hong Kong a soulevé, lundi, la possibilité pour les manifestants du territoire chinois semi-autonome de se livrer à de la violence faisant «un pas de plus vers le terrorisme» lors des événements de la fête nationale chinoise, cette semaine, une affirmation ridiculisée par les activistes, qui jugent qu’il s’agit d’une propagande destinée à dissuader les gens de se rendre dans les rues.

Le responsable des relations publiques de la police, Tse Chun-Chung, a déclaré que des informations permettaient de croire que des manifestants incitaient d’autres personnes à commettre des «actes extrêmes», tels que tuer des policiers ou se faire passer pour des civils et procéder à des incendies criminels, notamment dans des stations-service, pendant le congé de mardi.

«Nous sommes au bord d’un danger extrême», a déclaré M. Tse lors d’une conférence de presse. «Il y a des signes apparents que la violence pourrait dégénérer. Ces actes sont un pas de plus vers le terrorisme.»

La politicienne Claudia Mo a qualifié les renseignements de la police de «vraie farce», affirmant que cet avertissement faisait écho à celui lancé par un journal du gouvernement chinois quelques jours auparavant.

«C’est de la propagande chinoise», a-t-elle déclaré. «Ce qui est plus inquiétant, c’est que la police a admis que certains de ses fonctionnaires se faisaient passer pour des manifestants. Alors, qui seront les incendiaires? Qui seront les meurtriers? Le but est d’instaurer la peur dans la société afin que les gens aient peur de sortir. C’est une tactique méprisable.»

Bonnie Leung, du Civil Human Rights Front, a fait écho à cette idée. L’organisation est derrière plusieurs rassemblements massifs au cours de près de quatre mois de manifestations antigouvernementales.

La violence a éclaté au cours du week-end dans un cycle devenu familier depuis le début des manifestations en juin au sujet d’un projet de loi d’extradition maintenant en suspens, qui se sont transformées en un mouvement anti-Chine. Beaucoup de gens voient dans Pékin une entorse à l’autonomie et aux libertés qui ont été promises à Hong Kong lorsque l’ancienne colonie britannique est revenue dans le giron chinois en 1997.

Les autorités cherchent à éviter toute violence potentielle le jour de la fête nationale, car des affrontements pourraient embarrasser le président Xi Jinping alors que son parti communiste marquera les 70 ans de son arrivée au pouvoir.

La demande du Civil Human Rights Front visant à organiser une marche mardi dans le centre-ville a été rejetée par la police. Une commission d’appel a confirmé lundi l’interdiction. Le groupe a averti que le refus d’une avenue pacifique pour les manifestants pourrait accélérer la violence, car des citoyens descendront quand même dans les rues, comme ils l’ont fait par le passé lorsque les rassemblements ont été interdits.