Des milliers de manifestants à Washington pour dénoncer les injustices raciales

WASHINGTON — Des milliers de personnes étaient rassemblées vendredi à Washington pour commémorer la marche historique de 1963 pendant laquelle Martin Luther King avait prononcé son célèbre discours «I Have A Dream».

Les manifestants se sont massés près des marches du Lincoln Memorial, où le militant des droits civiques avait prononcé son discours lors de la «Marche sur Washington pour l’emploi et la liberté», une vision de l’égalité qui reste encore inaccessible pour des millions d’Américains.

Choqués par un nouvel incident de violence policière envers un Noir — cette fois-ci à Kenosha au Wisconsin —, les manifestants ont dénoncé la façon dont les Afro-Américains sont traités par les forces de l’ordre et les justiciers autoproclamés.

Le militant Frank Nitty, qui a déclaré avoir marché sur 1200 kilomètres pendant 24 jours de Milwaukee, dans le Wisconsin, jusqu’à Washington pour la marche de vendredi, a parlé devant la foule de l’ininterruption de la lutte pour la justice.

«Êtes-vous tous fatigués? Parce que je suis fatigué, a-t-il lancé. Ils pensent que c’est une négociation, mais je suis venu ici pour demander du changement. Mon petit-fils ne marchera pas pour les mêmes choses pour lesquelles mon grand-père a marché. C’est une révolution!»

Un participant, Jerome Butler, 33 ans, de Washington, a fait écho au sentiment de M. Nitty. «J’espère que mon fils n’aura pas à être ici dans 50 ans pour protester contre la même chose», a déclaré M. Butler.

La marche s’annonçait comme le plus grand rassemblement politique à Washington depuis le début de la pandémie de coronavirus. De nombreux participants se sont présentés vêtus de t-shirts affichant le portrait et les mots du regretté représentant John Lewis qui, jusqu’à sa mort le mois dernier, était le dernier orateur vivant à la marche de 1963, qui est devenue l’un des rassemblements politiques les plus célèbres de l’histoire des États-Unis, et l’un des plus grands rassemblements à Washington avec plus de 200 000 personnes réclamant des changements sociaux.

«Nous sommes venus pour témoigner»

Martin Luther King III, fils du défunt militant des droits civiques, et le révérend Al Sharpton, dont l’organisation a planifié le rassemblement de vendredi, ont prononcé les discours d’ouverture dans lesquels ils ont souligné l’urgence de réformer les forces policières, dénoncé les violences raciales et exigé la protection du droit de vote lors des élections générales de novembre.

«Nous sommes venus pour témoigner, pour rester vigilants, pour nous souvenir d’où nous venons et pour examiner attentivement où nous allons, a déclaré M. King. Que vous soyez ici en personne ou que vous regardiez sur (les réseaux de télévision), merci de vous joindre à nous pour cette marche sur Washington.»

«Nous ne sommes pas simplement venus ici pour faire un spectacle, a renchéri le révérend Sharpton. Une manifestation sans législation ne mènera pas au changement.»

Et pour illustrer la gravité de la situation, les organisateurs avaient réuni les familles de plusieurs Noirs tués ou grièvement blessés par des policiers ou des citoyens agissant comme des justiciers: Jacob Blake, George Floyd, Breonna Taylor, Rayshard Brooks, Ahmaud Arbery, Trayvon Martin et Eric Garner, entre autres.

Plus tard dans la soirée, le Movement for Black Lives, une coalition de plus de 150 organisations qui composent le mouvement plus large Black Lives Matter, tiendra sa convention nationale virtuelle.

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