Des milliers de manifestants réclament un plus grand contrôle des armes à feu

WASHINGTON — Des milliers de personnes ont envahi le National Mall de Washington pour réclamer un meilleur contrôle des armes à feu à la suite des récentes tueries à Uvalde, au Texas, et à Buffalo.

«Ça suffit, a lancé la mairesse du District de Columbia, Muriel Bowser. Je suis ici à titre de mairesse et de mère. Je parle pour les millions d’Américains et pour les maires de ce pays qui veulent que le Congrès fasse son travail. Et son travail consiste à nous protéger, à protéger nos enfants de la violence par les fusils.»

Orateur après orateur ont exhorté les sénateurs, considérés comme un obstacle important à une loi sur le contrôle des armes à feu, à agir ou à être défaits aux prochaines élections.

Cette manifestation survient à la suite d’une série de tueries qui ont provoqué un certain émoi aux États-Unis, notamment celle qui a coûté la vie à 19 élèves et à deux enseignantes d’une école élémentaire du Texas, le 24 mai.

«Si notre gouvernement ne peut rien faire pour empêcher que 19 enfants se fassent tuer dans une école, c’est le temps de changer qui est au gouvernement, s’est exclamé David Hogg, un de ceux qui ont survécu à la tuerie survenue une école secondaire de Parkland, en Floride, en 2018.

M. Hoggs a cofondé le groupe March For Our Lives qui avait organisé une première manifestation à laquelle avaient participé plus de 200 000 personnes dans la capitale nationale peu après cette tuerie. 

Yolanda King, une petite-fille de Martin Luther King, a déclaré que ce n’est plus un sujet politique, mais moral. «Ce n’est pas une question de droite ou de gauche. C’est une question du bien et du mal. On n’y arrivera pas que par les prières. Cela nécessite du courage et de l’action.»

Contrairement à 2018 où un seul rassemblement s’était déroulé à Washington, les organisateurs ont préféré organiser des manifestations dans quelque 300 endroits différents dans tous les États-Unis.

Plusieurs personnes se sont rassemblées dans un amphithéâtre de Parkland. Elles ont écouté Debra Hixon, dont le mari est mort lors de cette tuerie, leur dire qu’il «était trop facile» d’acheter une arme pour les jeunes.

«Revenir chez soi devant un lit vide, une chaise vide est un rappel constant qu’il est mort», a-t-elle raconté. Nous n’avions pas fini de nous créer des souvenirs, de partager des rêves et de vivre ensemble. La violence armée nous a privés de sa présence.»

Le président Joe Biden était en Californie lorsque le rassemblement a commencé dans la capitale nationale. Il a invité les manifestants «à continuer de marcher» tout en exprimant «un léger optimiste» sur les négociations en cours au Congrès sur la question des armes à feu.

À  Brooklyn, le maire de New York Eric Adams était au premier rang de la manifestation en compagnie de la procureure générale de l’État de New York Letitia James

«Rien ne se passe dans ce pays, à moins que les jeunes se lèvent. Pas les politiciens», a-t-il déclaré.

À Washington, les premiers manifestants ont bravé la pluie pour arriver bien avant le début du rassemblement. Certains portaient des pancartes dont l’une rappelait que «les enfants sont irremplaçables, pas les sénateurs. Allez voter».

Les organisateurs espéraient attirer jusqu’à 50 000 personnes à Washington tout en ayant l’œil sur le reste du pays.

«On veut s’assurer que cela se déroule dans tout le pays, a dit le co-président du conseil de direction de la manifestation, Daud Mumin. Cela ne concerne pas uniquement le District de Columbia, cela ne concerne pas uniquement les sénateurs.»

La récente série de tueries impliquant des armes à feu a ramené la question du contrôle sous les feux des projecteurs. Les organisateurs des manifestations croient que le temps est venu d’exercer de nouveau des pressions sur les élus à ce sujet.

«Nous sommes actuellement en colère, affirme Mariah Cooley, membre du conseil de la March For Our Lives. Cela va démontrer que nous n’arrêterons pas nos efforts avant que le Congrès fasse son travail. Et s’il ne le fait pas, nous voterons contre ces élus.»

M. Mumin a dit que l’objectif des organisateurs était de transmettre un message aux législateurs voulant que la population soit en train de changer son opinion sur le contrôle des armes à feu. «S’ils ne sont pas avec nous, ils en subiront les conséquences. Nous voterons pour qu’ils soient défaits et nous rendrons leur vie misérable pendant leur mandat.»

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