Des milliers de personnes manifestent en Haïti à l’appel des artistes

PORT-AU-PRINCE, Haïti — Des milliers d’Haïtiens ont pris part dimanche à une manifestation à l’appel de la communauté artistique pour exiger la démission du président Jovenel Moïse, augmentant ainsi la pression exercée sur le chef d’État qui se retrouver de plus en plus en difficulté.

Les membres d’un groupe artistique qui participait à la marche portaient des couches sur la tête et tenaient des bols vides, tandis que d’autres manifestants scandaient des slogans contre le président, exprimant leur colère contre la corruption, l’inflation croissante et le manque de produits de première nécessité dans le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental.

«Ce n’est pas notre président» et «Nous voulons un Haïti différent», pouvait-on lire sur des pancartes lors de la manifestation à Port-au-Prince, où de la fumée se dégageait après que des manifestants eurent allumé des incendies de débris.

Contrairement aux manifestations récentes, la police n’est pas intervenue pour arrêter les manifestants et la marche s’est déroulée sans l’utilisation de gaz lacrymogène.

La manifestation intervient dans un contexte de flambée de violence dans la capitale haïtienne et dans les communautés environnantes. Ces manifestations ont fait environ 20 morts et près de 200 blessés, paralysant le pays. Les entreprises demeurent fermées et environ 2 millions d’enfants n’ont pas pu aller à l’école, selon les Nations Unies.

Plus tôt ce mois-ci, le président Moïse avait annoncé la création d’une commission chargée de trouver une solution pour mettre fin à l’aggravation de la crise, mais les dirigeants de l’opposition ont rejeté son appel au dialogue et à l’unité et demandé sa démission.

Beaucoup appellent également à une enquête plus approfondie à la suite d’un rapport du Sénat haïtien accusant d’anciens hauts responsables de l’administration de l’ex-président Michel Martelly d’avoir détourné au moins 2 milliards $ de fonds liés à un programme pétrolier vénézuélien subventionné destiné à des programmes sociaux.

Le rapport mentionne également une société que M. Moïse avait détenue. M. Moïse, successeur de M. Martelly, a nié ces accusations.

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