Des milliers de personnes se recueillent en mémoire des victimes de Québec

Des milliers de personnes ont bravé le froid, lundi soir, pour se réunir sur les lieux mêmes où, la veille, un homme armé a fauché la vie de six hommes et en a blessé plusieurs autres, au moment où ils priaient paisiblement dans une mosquée de Québec.

Photo: Ryan Remiorz/La Presse Canadienne
Photo: Ryan Remiorz/La Presse Canadienne

La vigile à la mémoire des disparus s’est tenue en présence de nombreux dignitaires de la classe politique, dont le premier ministre canadien Justin Trudeau accompagné de sa femme Sophie Grégoire, le premier ministre québécois Philippe Couillard et le maire de Québec, Régis Labeaume.

Le premier ministre Trudeau a pris la parole pour dire un non retentissant à la haine, à la cruauté et à la violence.

«Nous n’acceptons pas cette haine», a dit d’emblée le premier ministre, devant une foule importante rassemblée devant le Centre culturel islamique de Québec, qui abritait la mosquée où s’est produite la tragédie dimanche soir.

«Nous défendrons et protégerons toujours votre droit de vous rassembler et de prier, aujourd’hui et tous les jours», a promis M. Trudeau après avoir énuméré le nom des victimes.

L’atmosphère était au recueillement et au silence. Nombreux étaient les participants à la vigile qui tenaient un cierge allumé, en signe de respect pour les victimes et de solidarité avec leurs proches ainsi qu’avec la communauté musulmane.

D’autres vigiles avaient lieu à Montréal, à Ottawa, à Toronto, à Edmonton et dans plusieurs autres villes canadiennes.

M. Trudeau s’est attiré des applaudissements quand il a dit que les musulmans de tout le pays devaient se sentir chez eux et en sécurité au Canada.

Sans préciser à qui il faisait référence, le maire Labeaume a dit espérer que la tragédie serve au moins à «rejeter, par exemple, ceux et celles qui s’enrichissent avec la haine».

Le premier ministre Philippe Couillard s’est dit soucieux de trouver à l’avenir «les mots et les gestes qui unissent, qui accueillent», et d’écarter «les mots et les gestes qui éloignent, qui divisent, et qui attirent la haine».

De nombreux élus étaient aussi présents au rassemblement: conseillers, députés, ministres, chefs des partis de l’opposition, de la scène municipale, de l’Assemblée nationale et du Parlement fédéral.

Le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, a pris la parole pour dénoncer à son tour «un geste ignoble et inqualifiable». Il a eu une pensée pour les enfants des disparus, «qui attendront leur papa, qui ne rentrera jamais».

Il a dit souhaiter que la paix revienne au Québec et au Canada tout entier.

«Pourquoi on tue les musulmans?»

À Montréal, des milliers de personnes se sont également recueillies en début de soirée sur une grande place située près du métro Parc.

«La première question que mes filles m’ont posée ce matin est: « Papa, qu’est-ce qui arrive? Pourquoi on tue les musulmans? » Je n’ai pas de réponse», a confié Lyes Behnas, un Algérien installé au Québec depuis 17 ans.

S’il dit se sentir en temps normal bien intégré dans la société québécoise, il s’est dit très peiné par les récents développements. «Ça me donne de l’espoir de voir tous nos concitoyens partager une telle peine avec nous, a-t-il néanmoins ajouté. Ça me rassure. On est sur la bonne voie. On construit un Québec et un Canada ensemble.»

Retenant difficilement ses larmes, une femme portant le voile qui a seulement voulu indiquer son prénom, Hayet, a abondé dans le même sens. «Ça fait chaud au coeur de ne pas se sentir abandonnés, seuls, parce qu’on est déjà loin de nos parents (…) et on vit dans une solitude. Quand on est attaqués — je ne peux pas décrire — on (se retrouve) dans le trou.»

Sur la colline du Parlement, à Ottawa, le gouverneur général Daniel Johnston a lancé aux centaines de personnes réunies en dépit d’un climat glacial qu’il était important d’afficher leur solidarité et de se montrer unies par moments tragiques.

La foule est demeurée silencieuse pendant que les noms des six victimes étaient lus à voix haute.

À Halifax, en Nouvelle-Écosse, des centaines de personnes ont observé un moment de silence avant qu’un trompettiste se mette à entonner le morceau «Bridge Over Troubled Water» de Simon and Garfunkel.

Les internautes étaient invités à partager des photos et des messages de soutien à la communauté musulmane par l’entremise du mot-clic #TousUnis sur le réseau social Twitter.

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