Des milliers de séparatistes catalans affrontent de nouveau les forces de l’ordre

BARCELONE, Espagne — Des milliers de séparatistes catalans ont protesté pour la deuxième journée consécutive mardi contre la décision de la Cour suprême espagnole de condamner 12 dirigeants indépendantistes, dont neuf à des peines de prison.

Des manifestants se sont rassemblés aux portes des délégations du gouvernement espagnol dans les quatre capitales provinciales de la Catalogne.

Les manifestants ont chanté l’hymne catalan et crié «Les rues seront toujours nos rues» et «Indépendance», ainsi que des slogans qualifiant la police espagnole de «force d’occupation» et l’exhortant à quitter la Catalogne.

Des policiers antiémeute ont chargé une foule de manifestants à Barcelone après que ceux-ci eurent allumé un feu dans la rue, déclenché des pétards et nargué des agents.

La police antiémeute, largement dépassée en nombre par les manifestants, a avancé vers la foule avec des boucliers et des matraques. Les policiers ont frappé des manifestants avec leurs bâtons, principalement sur les jambes, et ont réussi à repousser le nœud des manifestants de plusieurs centaines de mètres. Certains ont été regroupés sur le trottoir, les mains en l’air.

Quelques-uns sont restés au milieu de la voie, exprimant leur objection tandis que des manifestants tabassés s’en allaient ou gisaient à terre.

La foule s’est dispersée rapidement après cela, tandis que les sirènes et les pétards retentissaient encore.

Des manifestations ont également eu lieu à Gérone, Lleida et Tarragone, ainsi que dans de plus petites villes de la Catalogne.

Leaders emprisonnés

Les manifestations avaient été organisées par ANC et Omnium, deux groupes indépendantistes dont les dirigeants, Jordi Sánchez et Jordi Cuixart, ont été condamnés lundi à neuf ans de prison pour sédition.

Les «Jordis», comme on les appelle couramment, ont déjà passé près de deux ans en détention provisoire, ce qui a provoqué la colère de nombreux Catalans.

Par ailleurs, l’ancien président catalan en fuite, Carles Puigdemont, s’est joint à des dizaines de partisans de l’indépendance de la Catalogne lors d’une manifestation devant la Commission européenne à Bruxelles au lendemain de la condamnation de 12 collègues pour leur rôle dans la campagne de sécession qu’il a dirigée en 2017.

M. Puigdemont a déclaré: «Nous avons besoin de tout le soutien des démocrates européens. Parce que cette crise concerne la démocratie européenne et la qualité de la démocratie européenne. Ce n’est pas une question catalane, régionale ou espagnole.»

Un juge espagnol a lancé un nouveau mandat d’arrestation international contre M. Puigdemont. Ses collègues disent qu’il est disposé à coopérer avec la police et les autorités belges.

M. Puigdemont et d’autres représentants catalans fuyant la justice en Espagne demandent aux institutions internationales de mettre fin à leur silence et de contribuer à l’instauration d’un dialogue entre le gouvernement espagnol et les autorités catalanes favorables à l’indépendance.

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