Des ministres interrogés sur les enjeux de gouvernance chez les Wet’suwet’en

OTTAWA — L’opposition conservatrice à Ottawa demande au gouvernement Trudeau pourquoi des chefs de bande élus et des femmes de la nation Wet’suwet’en qui appuient le gazoduc Coastal GasLink ne sont pas conviés aux discussions qui visent à désamorcer la crise.

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, et le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, étaient appelés à témoigner, mardi, devant le Comité permanent des affaires autochtones et du Nord de la Chambre des communes, au sujet de «la crise autochtone au Québec et au Canada». Des députés conservateurs ont souligné aux deux ministres que les chefs des conseils de bande qui avaient signé des accords pour ce projet de gazoduc se sentaient exclus des discussions.

Il y a deux semaines, la ministre Bennett et le ministre des Relations avec les Autochtones de la Colombie-Britannique, Scott Fraser, ont rencontré pendant une longue fin de semaine les chefs héréditaires de Wet’suwet’en qui s’opposent au gazoduc. Leur opposition a soulevé des manifestations de solidarité qui ont perturbé le trafic ferroviaire et routier à travers le pays pendant trois semaines, en février.

Ces trois jours de négociations entre les chefs héréditaires et les gouvernements fédéral et provincial ont abouti à une entente de principe sur les droits fonciers et de propriété.

Mais Theresa Tait-Day, de la Coalition matrilinéaire de Wet’suwet’en, qui appuie le projet, soutient que les chefs héréditaires qui ont participé à ces réunions ne parlent pas au nom de toute sa nation. Elle qualifie par ailleurs ces hommes d’«intimidateurs», qui ont dépossédé des femmes, y compris elle-même, de leurs titres héréditaires.

Mme Tait-Day soutient que la volonté de la communauté a été détournée par des groupes extérieurs qui ont utilisé les chefs héréditaires opposés au gazoduc pour bloquer les projets pétroliers et gaziers partout au Canada.

Seules les voix de ceux qui sont contre le pipeline Coastal GasLink ont fait partie des réunions de fin février en Colombie-Britannique, a déclaré le critique conservateur Jamie Schmale.

«N’aurait-il pas été logique d’inclure ces membres élus aux réunions, plutôt que de créer des divisions au sein de la communauté?»

Des membres des Wet’suwet’en sont en faveur du pipeline, y compris 20 conseils de bande élus le long de la route qui ont signé des accords avec Coastal GasLink.

Le député conservateur Bob Zimmer a déclaré que son caucus a entendu ces résidents en faveur de l’oléoduc dire que le gouvernement fédéral n’écoute pas toute l’histoire.

«Ils veulent avoir une discussion communautaire sur la question et quand vous entrez dans une communauté et que vous n’en choisissez que quelques-uns très sélectifs à qui parler – juste ceux qui sont opposés au projet … il y a une frustration… et certains de ceux que vous avez rencontrés sont des chefs dans des circonstances suspectes», a déclaré Bob Zimmer.

Les chefs qui ont rencontré les ministres ont indiqué qu’ils expliqueraient l’accord de principe à la communauté dans l’espoir d’obtenir un consensus. Mais Theresa Tait-Day a déclaré qu’ils n’avaient pas tenu de grandes réunions publiques, mais seulement des réunions de clan de 20 personnes ou moins. Elle a déclaré qu’elle voulait que le gouvernement fédéral aide à établir un meilleur système au sein de leur nation pour s’assurer que la voix de chacun soit entendue.

Les plus populaires