Des Néo-Écossais inquiets de voir des Américains débarquer dans la province

HALIFAX — Avec un nombre croissant de Néo-Écossais se plaignant sur les réseaux sociaux de voir des voitures avec des immatriculations américaines entrer dans la province, le premier ministre Stephen McNeil s’est engagé à surveiller de plus près ceux qui se présentent à la frontière de l’extérieur du Canada atlantique.

Cependant, M. McNeil a également averti les Néo-Écossais de ne pas tirer de conclusions hâtives sur les personnes dans ces voitures, affirmant que la plupart d’entre elles sont probablement des citoyens canadiens qui rentrent chez eux après avoir résidé ou travaillé à l’étranger.

«Il y a beaucoup d’histoires qui circulent, des conversations sur les réseaux sociaux au sujet d’Américains et d’autres qui viennent dans notre province et ne s’isolent pas», a déclaré vendredi le premier ministre lors d’une conférence de presse en ligne.

«Si c’est vrai, ce n’est pas acceptable. Si vous vous engagez à vous isoler pendant 14 jours, nous attendons de vous que vous teniez parole.»

Le premier ministre a fait ces commentaires environ 12 heures après que les quatre provinces de l’Atlantique ont levé les restrictions de voyage pour les résidents de la région afin de refléter des taux d’infection à la COVID-19 relativement faibles et stables.

Les résidents du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador peuvent désormais se rendre dans l’une des trois autres provinces sans s’isoler pendant 14 jours après leur arrivée — mais l’exigence demeure en vigueur pour toute personne qui vit à l’extérieur de la région.

Même si la frontière canado-américaine reste fermée aux voyages non essentiels, les citoyens canadiens vivant aux États-Unis sont autorisés à entrer au Canada, tant qu’ils ont un passeport et ne présentent pas de symptômes de COVID-19.

Vendredi, la page Facebook du gouvernement provincial s’est enflammée avec des commentaires incisifs au sujet des Américains entrant en Nouvelle-Écosse.

«Je suis choqué et consterné que le premier ministre permette l’entrée des Américains, peut-on lire dans un message. Je pensais que le premier ministre avait dit que les frontières restaient fermées! J’ai entendu de nombreux témoignages faisant état d’Américains dans des restaurants et essayant de réserver des excursions en kayak et admettant qu’ils n’avaient pas fait de quarantaine.»

Un autre message sur Facebook était plus direct: «Je viens de lire que notre gouvernement n’empêchera pas l’entrée à des gens avec des plaques américaines à la frontière. Qu’est-ce que cette « bulle atlantique » si les Américains peuvent entrer dans la province?»

M. McNeil a déclaré que les inquiétudes croissantes des Néo-Écossais à l’égard des personnes venant des États-Unis ont incité son gouvernement à intensifier ses efforts pour garder une trace de ceux qui entrent dans la province et qui ne sont pas d’une autre partie du Canada atlantique.

Selon les règles actuelles, ces personnes doivent montrer leur identité à la frontière et dire où elles séjourneront pendant leurs 14 jours d’isolement volontaire. Elles doivent également fournir un numéro de téléphone. Les personnes qui auraient l’intention de rester moins de 14 jours sont refoulées à la frontière.

«Nous allons intensifier nos appels et nos vérifications pour nous assurer que vous êtes là où vous avez dit que vous seriez, et que vous êtes en effet en isolement, a déclaré le premier ministre. Nous voulons être ouverts et accueillants, mais nous n’allons pas baisser la garde.»

Plus tôt cette semaine, M. McNeil a clairement indiqué qu’il ne prendrait aucune mesure pour empêcher les Américains d’entrer dans la province.

«Nous n’avons fermé notre frontière à aucun moment», a-t-il affirmé jeudi, ajoutant qu’il était envisagé d’ouvrir les frontières du Canada atlantique au reste du pays d’ici la mi-juillet.

Cependant, vendredi dernier, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a annulé la saison de navigation 2020 pour le service de traversiers qui relie la province au Maine, faisant valoir les problèmes pour contenir la COVID-19 aux États-Unis.

«Comme beaucoup d’entre vous, je suis préoccupé par le nombre de cas (COVID-19) dont nous entendons parler aux États-Unis», avait alors affirmé M. McNeil.

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