Des nouvelles qui «tombent au bon moment» pour les restaurants

MONTRÉAL — Après avoir vécu une année difficile, quelques récentes bonnes nouvelles laissent présager un meilleur avenir pour les restaurateurs, même si le futur reste encore incertain. 

On s’arrache les coffrets repas

Cette année, Noël est dans la boîte! De nombreuses tables de la métropole ont opté pour la livraison de repas des Fêtes pour le plus grand plaisir de leurs clients qui en redemandent. 

Le restaurant montréalais Hélicoptère, situé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, affichait «complet» sur ses réseaux sociaux dès le 11 décembre. «On a publié l’annonce deux semaines à l’avance et en quelques jours, tout a été vendu!», s’exclame l’un des co-propriétaires, Youri Bussières-Fournel, surpris de la vitesse à laquelle les repas de Noël ont trouvé preneur. 

Ils ont ensuite ajouté une trentaine de nouvelles boîtes à emporter, qui se sont vendues en quelques heures à peine. «On aurait aimé en offrir à tout le monde», explique M. Bussières-Fournel. «On a été un peu victime de notre succès», admet-il, le sourire dans la voix. 

«On a eu au-dessus de 800 commandes, on était même étonnés», indique pour sa part Christine Lamarche, co-propriétaire des restaurants Signé Toqué avec son acolyte Normand Laprise. 

«La réponse des clients est extraordinaire», explique celle qui se dit ravie de pouvoir entretenir un contact avec la clientèle, même si la plupart des échanges se font virtuellement. 

Plusieurs restaurants ont fermé leurs carnets de commandes pour le réveillon du 24 depuis une dizaine de jours. Trop tard, donc, pour goûter au gargantuesque festin concocté par le Joe Beef ou à la bûche de Noël du pâtissier Patrice Demers. 

Il est encore possible toutefois de commander un repas chez Bouillon Bilk, chic adresse maintes fois saluée par la critique (CNN Traveler, Canada’s 100 Best Restaurants) et chez Darna, qui sert une cuisine d’inspiration marocaine dans le quartier Rosemont, m’indique-t-on au téléphone. 

Chez Europea, le chef Jérôme Ferrer a réservé quelques plats pour les cueillettes de dernière minute, dans son restaurant transformé en marché de Noël pour l’occasion. 

Ceux qui n’ont pas pu s’y prendre plus tôt pourront ainsi se présenter en personne jusqu’à midi le 24 décembre pour mettre la main sur un repas de Noël. 

Le chef cuisinier dit avoir pensé notamment aux travailleurs de la santé qui n’ont pas nécessairement eu le temps de faire les courses ou de se mettre aux fourneaux.

Les commandes pour le réveillon vont bon train, voilà une bonne nouvelle pour le domaine de la restauration qui devra garder ses salles à manger fermées jusqu’au 11 janvier dans les zones rouges du Québec. 

«On est rentré dans nos projections [de Noël], se réjouit M. Ferrer, et bien sûr on est soulagés.» Il rappelle toutefois que les trois prochains mois «connus comme [étant] les plus creux» s’annoncent sombres. 

Néanmoins, «arriver en fin d’année et avoir pu résister, c’est déjà une belle réussite», dit-il, reconnaissant d’être toujours en activité.

Devant l’engouement qu’a suscité le menu de Noël, plusieurs restaurants vont reprendre la formule pour le Nouvel An, une autre occasion pour les Québécois de soutenir l’économie locale. 

Loi 72

La Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant principalement des organismes du domaine de la sécurité publique — «loi 72» — adoptée le 11 décembre permet désormais la vente ainsi que la livraison de bière et de vin accompagné d’un aliment, et non plus seulement d’un repas. 

Par ailleurs, les Québécois pourront également acheter de l’alcool au restaurant sans commander de repas, comme c’est déjà le cas dans les bars, à condition que les cuisines soient ouvertes et fonctionnelles. En d’autres mots, il faut que le client ait la possibilité de commander de la nourriture, même s’il peut choisir de ne pas le faire. 

L’assouplissement des règles entourant la vente d’alcool a été bien accueilli par la communauté de restaurateurs et d’entrepreneurs, notamment par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) qui a réagi sur Twitter.

« Ces allégements réglementaires tombent au bon moment, car si de nombreux restaurateurs ont démontré une grande résilience durant cette crise, il faut aussi dire ce qui est : la vie des commerces est en jeu ici. Avec ces changements, les petits restaurants de quartier et les bars entrevoient une lumière d’espoir», a souligné la semaine dernière le porte-parole pour la province, François Vincent.

Dans le contexte actuel, cette nouvelle loi pourra «aider certains restos qui ont plus de difficultés à se tirer d’affaire», commente M. Bussières-Fournel. 

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses de Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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