Des obstacles aux services de justice pour les Autochtones en régions éloignées

CALGARY — Les vastes distances géographiques et le haut taux de roulement du personnel compliquent la tâche des responsables de la justice pour aider les femmes et les filles autochtones dans le Nord, selon ce qui a été dit, lundi, à l’Enquête nationale.

Une séance d’une semaine de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées s’est amorcée à Calgary en examinant le rôle des responsables de la justice et des services aux victimes. Il s’agit de la première de deux séances portant sur la façon dont des problèmes systémiques peuvent contribuer à la vulnérabilité des femmes autochtones.

Les soins en santé mentale et le logement doivent être discutés plus tard cette semaine. Une séance sur les forces policières doit avoir lieu à Regina le mois prochain.

La commissaire en chef, Marion Buller, a affirmé que ces travaux offriraient ultimement à la commission des fondements pour ses recommandations et son rapport final.

Leanne Gardiner, du ministère de la Justice des Territoires du Nord-Ouest, a affirmé lundi que le plus grand défi est de gagner la confiance des victimes et de leurs proches.

Lorsqu’il y a un seul fournisseur de services pour les victimes dans une communauté, le roulement de personnel peut représenter une grande source de perturbation.

«À certains moments, il faut repartir de zéro», a-t-elle souligné.

Des Autochtones vivant dans des régions éloignées n’ont aucun moyen d’obtenir rapidement des services en personne, a indiqué Mme Gardiner.

Le mauvais temps et des connexions internet chancelantes peuvent aussi présenter des défis, a-t-elle ajouté.

Les Territoires du Nord-Ouest comptent 11 fournisseurs de services aux victimes qui oeuvrent par l’entremise de huit organisations communautaires. Mme Gardiner a affirmé que ces fournisseurs faisaient preuve de créativité en aidant des victimes par conférence téléphonique ou vidéo, mais qu’une interaction physique était toujours préférable.

John Phelps, procureur en chef fédéral pour le Yukon, a indiqué que des coordonnateurs pour les témoins de la Couronne  contribuent à aider les victimes à naviguer dans le système de justice, tout en soulignant qu’il n’y a pas suffisamment de coordonnateurs autochtones.

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