Des obstacles se dressent devant Biden pour «restaurer le coeur» des E.-U.

WASHINGTON — Le président élu Joe Biden veut « restaurer le cœur des États-Unis ». Il devra tout d’abord réparer un Congrès brisé et divisé.

M. Biden voit se dresser devant lui un pouvoir législatif atteint par la partisanerie, les insultes et même le refus de plusieurs élus républicains de reconnaître sa victoire aux dépens de Donald Trump.

Même ses alliés démocrates doivent se regrouper après avoir échoué à renverser la majorité républicaine au Sénat et avoir perdu des plumes à la Chambre des représentants. Les divisions demeurent vives entre les progressistes et les modérés. Quant aux républicains, ils comptent saper, volontairement ou non, le début de la présidence de Joe Biden.

Devant un pays divisé comme jamais, le président-élu exhorte la classe politique à agir plus efficacement.

L’idée d’un mandat de M. Biden est certainement bien accueillie par les démocrates, qui veulent faire avancer leurs idées. Les républicains enhardis, toutefois, qui n’ont pas perdu de siège à la Chambre des représentants, ont comme objectif de mettre des bâtons dans les roues du président- élu.

Si la Chambre des représentants demeure dans les mains des démocrates, l’avenir du Sénat demeure indéterminé. Tout se décidera le 5 janvier à l’occasion du deuxième tour de deux élections sénatoriales en Géorgie. À la suite du scrutin du 3 novembre, les républicains détiennent une avance de deux sièges. Si les électeurs choisissent les deux candidats démocrates, il y aura égalité, mais le vote prépondérant appartiendra à la future vice-présidente, Kamala Harris.

Selon M. Biden, les résultats du 3 novembre ouvrent la porte à une nouvelle normalité. «Si on peut décider de ne pas coopérer, on peut décider de coopérer », avait-il clamé lors de son discours de victoire.

M. Biden a servi comme sénateur pendant 36 ans. Quand il était le vice-président de Barack Obama, il a souvent négocié avec le leader républicain du Sénat, Mitch McConnell. Que celui-ci devienne le leader de la majorité ou celui de la minorité, il aura une grande influence. Si les républicains gardent le contrôle, M. McConnell pourra faire obstacle à tout projet de loi des démocrates.

Toutefois, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le leader démocrate du Sénat, Chuck Schumer, auront aussi une importance grandissante en raison des changements dans le nouveau Congrès.

M. Biden pourrait toutefois parfois être confronté à la gauche du Parti démocrate qui refuse tout compromis sur les questions de changements climatiques, d’inégalités sociales ou d’injustices raciales.

Un test hâtif pour le président élu sera les nominations au Cabinet, qui devront être approuvées par une mince majorité de 51 votes au Sénat.

Les républicains peuvent aussi bloquer des nominations avec de longues procédures qui pourraient ralentir la nouvelle administration. Les démocrates avaient fait de même lorsque M. Trump avait été élu, une sorte de vengeance après le refus de M. McConnell d’approuver la candidature de Merrick Garland à la Cour suprême.

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