Des organismes s’inquiètent de la hausse de la population carcérale

HALIFAX — Un rapport rédigé par des défenseurs des détenus canadiens critique la hausse des taux d’incarcération dans au moins deux systèmes carcéraux provinciaux alors que la pandémie perdure.

Environ un an après l’apparition des premiers cas de COVID-19 dans les prisons de l’Ontario, la mise à jour du Prison Pandemic Partnership indique que le risque pour les détenus augmente lorsqu’il y a moins d’espace.

Le partenariat — qui comprend le Centre pour l’accès à l’information et la justice, le Projet d’éducation sur la criminalisation et la punition et l’Association canadienne des libertés civiles — estime que plus de 7000 cas de COVID-19 ont été liés à des prisons canadiennes, dont plus de 5000 infections parmi les prisonniers.

Il affirme qu’au début de la pandémie, de mars à juin de l’année dernière, les populations carcérales à travers le pays ont chuté dans un effort pour augmenter l’espace disponible et permettre la distanciation physique.

Cependant, l’étude a utilisé les données de Statistique Canada pour démontrer que la plupart des systèmes carcéraux provinciaux et territoriaux ont commencé à remettre plus de gens en prison au cours de l’été.

En septembre de l’année dernière, les taux d’incarcération avaient remonté — tout en restant inférieurs aux niveaux d’avant la pandémie — à Terre-Neuve-et-Labrador, à l’Île-du-Prince-Édouard, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, au Québec, en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta, au Nunavut, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Yukon.

Seuls les systèmes carcéraux fédéraux et le système de la Colombie-Britannique ont continué pendant l’été à réduire leur population.

La population carcérale fédérale, qui était d’environ 13 891 en février dernier, a chuté de 5 % à 13 141 en juin, après la première vague de COVID-19. En janvier de cette année, elle était en baisse de 10 % pour se situer à 12 500 prisonniers.

Cependant, en Ontario, où la population carcérale a initialement diminué à 5811 contre 8269 en juin dernier, les chiffres ont augmenté. Lundi, le nombre de personnes détenues avait atteint 7131.

En Nouvelle-Écosse, il y avait environ 440 personnes en détention avant la pandémie. Ce chiffre est tombé à 268 en juin de l’année dernière, mais il avait rebondi à 353 en date de lundi.

En revanche, le Québec, l’Île-du-Prince-Édouard et la Saskatchewan ont poursuivi leur tendance à la baisse des populations carcérales depuis septembre, note le rapport.

«La hausse des taux d’incarcération dans certains territoires, en particulier en Ontario, où un certain nombre de prisons ont connu d’importantes éclosions depuis décembre 2020, est profondément préoccupante», indique le rapport.

«Les lieux de rassemblement surpeuplés sont susceptibles à de grandes éclosions de COVID-19.»

Le rapport note que dans la plupart des provinces et territoires, les campagnes de vaccination ciblant les établissements pénitentiaires n’ont pas encore commencé.

Le partenariat appelle les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à «agir maintenant en redoublant d’efforts pour détourner et (sortir) les gens de la détention, accompagnés de soutiens dans la communauté, comme le logement».

Andrew Morrison, un porte-parole du ministère du Solliciteur général de l’Ontario, a déclaré que l’octroi de plus d’absences temporaires aux personnes qui purgent leur peine la fin de semaine «permet aux (détenus) de purger leur peine dans la collectivité».

Il a noté que le ministère travaille avec la police, les tribunaux et d’autres acteurs du système judiciaire pour réduire le nombre de personnes placées en détention, mais a ajouté que le ministère doit toujours «veiller à ce que la sécurité de la communauté reste primordiale».

En Nouvelle-Écosse, la porte-parole du ministère de la Justice, Heather Fairbairn, a souligné qu’il n’y avait pas de cas actifs de COVID-19 dans les prisons de la province et qu’il n’y avait eu que deux cas à ce jour.

«Nous continuons à gérer les admissions et les libérations comme nous le faisons depuis mars 2020, les détenus admissibles étant considérés pour une absence temporaire et une libération anticipée», a-t-elle écrit dans un courriel lundi.

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