Des OSBL de la N.-É. réclament une hausse de l’aide sociale pour contrer la «crise»

HALIFAX — Les banques alimentaires de la Nouvelle-Écosse et d’autres organismes communautaires demandent une augmentation immédiate du soutien au revenu pour cette population grandissante qui n’a plus les moyens de se loger ou de se nourrir en cette période de «crise».

Les prestations sociales actuelles sont «grossièrement» inférieures au seuil de pauvreté, a déploré mardi en commission parlementaire Nick Jennery, directeur du réseau de banques alimentaires «Feed Nova Scotia». Il a soutenu que les personnes qui comptent sur l’aide sociale ont l’impression «de se débattre dans l’eau sans radeau de sauvetage».

«C’est profondément cruel de laisser des milliers de Néo-Écossais sur l’aide sociale vivre une vie de pauvreté préjudiciable (…) Laisser tant de Néo-Écossais attendre continuellement ce radeau de sauvetage, c’est un choix politique», a-t-il dit.

Le soutien financier offert par la province n’empêche pas l’insécurité alimentaire, a ajouté M. Jennery. Il a souligné que jusqu’à 45 % des personnes qui fréquentent les 140 banques alimentaires du réseau «Feed Nova Scotia» comptent sur l’aide sociale comme principale source de revenus.

Il a expliqué aux députés que la demande massive de nourriture avait été clairement mise en évidence pendant la période des Fêtes: son réseau de banques alimentaires a contribué à nourrir 20 000 Néo-Écossais – un record dans l’histoire du programme alimentaire de Noël.

Travail plus difficile

La directrice des services communautaires à but non lucratif «Chebucto Connections», Christina Carter, a quant à elle affirmé que le travail de son organisme devient de plus en plus difficile à mesure que le coût de la vie augmente et pousse de plus en plus de citoyens vers l’itinérance dans le secteur de Spryfield, à Halifax.

Elle a rappelé aux députés qu’en seulement 10 jours, son organisme avait accueilli une personne expulsée de son logement pour avoir dépanné des gens sans domicile en les hébergeant chez elle. Son organisme a aussi accueilli un parent célibataire atteint d’un cancer qui avait été expulsé pour avoir «sauté» un mois de loyer en attendant de pouvoir demander l’aide sociale.

Mme Carter a raconté aux députés qu’au cours de ces mêmes 10 jours, une personne âgée vivant dans la précarité a confié qu’elle envisageait l’aide médicale à mourir «parce qu’elle ne voyait tout simplement pas d’autre issue à ce combat».

Mme Carter estime que le montant des prestations doit être immédiatement augmenté et indexé à l’inflation, pour s’assurer que les personnes vulnérables soient correctement nourries et logées.

«Le gouvernement doit agir sur cette crise aussi rapidement qu’il l’a fait avec la COVID-19», a soutenu Mme Carter dans une entrevue après l’audience de la commission parlementaire, mardi.

«Nous avons alors pu constater que des changements peuvent être apportés, qu’ils peuvent réduire la bureaucratie et faire toutes sortes de choses pour que les gens soient en sécurité. Alors, pourquoi est-ce différent dans ce cas-ci?»

Les données du recensement de 2021 montrent que la Nouvelle-Écosse est à égalité avec la Colombie-Britannique pour le taux de pauvreté le plus élevé au Canada, alors que 9,8 % des résidents vivent sous le seuil de pauvreté. La Nouvelle-Écosse affiche également le taux de pauvreté infantile le plus élevé au Canada, à 11,4 %, bien au-dessus du taux national de 8,5 %.

Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière de la Bourse de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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