Des pannes d’électricité frappent l’Irak en pleine canicule

BAGDAD — L’Irak était frappé vendredi par une vaste panne d’électricité, au moment où le mercure frisait les 50 degrés Celsius.

Des millions d’Irakiens sont touchés, y compris dans les quartiers les mieux nantis de la capitale, et on craint que la situation ne dégénère.

Le réseau irakien générait à peine 4000 mégawatts vendredi matin, selon les données du ministère de l’Électricité, alors qu’il produit en moyenne entre 12 000 et 17 000 mégawatts. La production avait doublé à 8000 mégawatts en milieu de journée.

Les pannes touchent principalement Bagdad et les provinces du sud du pays.

Le ministère de l’Électricité affirme que les lignes électriques sont fréquemment sabotées par des groupes inconnus dans le nord de l’Irak depuis quelques semaines. Une ligne de 400 kilovolts entre Kirkouk et Qayara a été ciblée jeudi, a dit le ministère par voie de communiqué. Une autre ligne de 132 kilovolts a été attaquée à Salâh ad-Dîn le même jour.

La presse locale rapportait que la panne de vendredi a été causée par le sabotage d’une ligne de 400 kilovolts entre Bagdad et la province de Babylone, dans le sud du pays. Le ministère n’a pas confirmé l’incident.

De vastes pannes peuvent aussi se produire quand le réseau irakien fonctionne à pleine capacité. Des problèmes avec les réseaux de transmission et de distribution peuvent également être en cause, tout comme des températures élevées.

Le premier ministre Moustafa al-Kadhimi a assemblé une cellule de crise pour s’attaquer aux pannes, selon un communiqué publié par son bureau.

La température à Bagdad et dans d’autres gouvernorats surpasse les 48℃ depuis quelques jours. Le gouvernement a fait de jeudi une journée de congé à Bagdad en raison de la chaleur.

La panne a même touché les quartiers les mieux nantis de la capitale, où les résidents sont habituellement alimentés 24 heures par jour. Des pompes à eau, qui ont besoin d’électricité, ont cessé de fonctionner en plusieurs endroits, limitant l’accès à l’eau potable.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a dit que la panne du réseau électrique irakien prive des millions de personnes de l’électricité dont elles ont besoin pour affronter des températures insupportables.

«Nous devons nous attaquer à la résilience des systèmes dans un monde qui se réchauffe, mais aujourd’hui nous devons essayer d’éviter une catastrophe humanitaire amplifiée par une offre d’énergie peu fiable», a-t-il sur Twitter.

Les pannes de courant donnent fréquemment naissance à des manifestations en Irak. La piètre performance du gouvernement et une corruption endémique ont été à l’origine de gigantesques manifestations antigouvernementales en 2019.

L’Iran a réduit cette semaine ses exportations d’électricité vers l’Irak, ce qui peut représenter jusqu’à un tiers de l’approvisionnement irakien en été. Le ministre irakien de l’Électricité, Majed Hantoush, a aussi récemment démissionné, en évoquant des pressions politiques et populaires.

L’Irak est techniquement en mesure de générer 20 000 mégawatts d’électricité, mais la capacité de production réelle en été oscille entre 12 000 et 17 000 mégawatts pendant les mois estivaux.

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