Des parents d’étudiants américains veulent un assouplissement à la frontière

WASHINGTON — Des parents d’étudiants aux États-Unis qui espéraient commencer cet automne des études universitaires au Canada tentent de convaincre le gouvernement fédéral d’assouplir les règles empêchant pratiquement leurs enfants d’entrer au pays.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a fermé la porte aux étudiants titulaires d’un permis d’études accordé après le 18 mars, jour où le Canada et les États-Unis ont annoncé l’interdiction des voyages transfrontaliers non essentiels.

Les titulaires d’un permis valide préexistant, eux, seront autorisés à entrer au pays.

Pour des parents, cette mesure est discriminatoire envers les étudiants de première année, car la plupart n’ont pas eu le temps de faire approuver leur permis avant la date limite après avoir été acceptés dans une université canadienne.

«Dans l’état actuel des choses, les seuls qui ne peuvent pas entrer au Canada sont les étudiants de première année. Cela n’a de sens pour personne, déplore Anna Marti, une résidente de New York dont la fille s’attendait à venir étudier en septembre à l’Université McGill. Ils n’ont obtenu leur permis d’étude qu’après le 18 mars.»

Le nombre total de cas de COVID-19 aux États-Unis a dépassé jeudi la barre des 4 millions. On y a déploré 144 000 décès jusqu’à maintenant. Une reprise prématurée des activités, des stratégies inégales dans certaines parties du pays, une division partisane sur le port du couvre-visage ont contribué à y relancer la pandémie.

Le Canada, par comparaison, a signalé jusqu’à présent 112 000 cas et 8870 décès.

«À l’heure actuelle, aucune mesure n’est en place pour assurer un traitement accéléré des demandes de permis d’études», indique le ministère de l’Immigration dans une mise à jour publiée la semaine dernière.

«Les étrangers dont la demande de permis d’études a été approuvée le ou après le 18 mars 2020 […] ne peuvent pas être exemptés des restrictions de voyage [et] ne doivent pas prévoir de voyager au Canada tant que les restrictions de voyage ne sont pas levées, car ils ne seront pas autorisés à se rendre au Canada ou à y entrer.»

Mme Marti et d’autres parents ont signé une pétition en ligne exhortant Ottawa à reconsidérer ces règles, arguant qu’il est injuste de n’autoriser que les étudiants étrangers ayant des permis plus anciens. On rappelle que plusieurs d’entre eux sont demeurés aux États-Unis au cours des dernières semaines.

Mme Marti dit aussi que cette mesure punit injustement les étudiants qui se trouvent dans des États où la propagation est moins virulente, comme New York, le New Jersey et le Connecticut.

Le ministre de l’Immigration, Marco Mendicino, a annoncé la semaine dernière que le gouvernement donnera la priorité aux étudiants ayant soumis une demande complète en ligne pour le permis d’étude. Les étudiants pourront aussi ajouter le temps passé à étudier via internet pour calculer leur admissibilité à un permis de travail au Canada, à condition qu’au moins 50 pour cent du programme soit terminé au Canada.

La date du 18 mars avait été imposée lors de la fermeture des frontières, a rappelé un porte-parole du ministre, Kevin Lemkay. Depuis, le gouvernement a assoupli certaines mesures pour les étudiants, comme la mise en place d’un processus en deux étapes pour ceux qui n’ont pu obtenir toute la documentation nécessaire, a-t-il ajouté.

«Notre gouvernement sait que les étudiants étrangers apportent une énorme contribution à la vie économique, culturelle et sociale du Canada. Nous comprenons que les étudiants et les établissements d’études supérieures souhaitent de la certitude. Nous avons adopté ces mesures en gardant cela à l’esprit. On espère pouvoir en dire plus bientôt.»

La pétition publiée sur le site Change.org compte plus de 3000 signatures. Les signataires demandent au gouvernement fédéral de définir tous les étudiants étrangers comme des voyageurs essentiels. Ils soulignent que ceux qui seront incapables d’entrer au Canada perdront l’accès aux ressources éducatives vitales, aux installations de recherche et aux possibilités de revenus.

Certains employés de l’Université McGill ont exprimé des inquiétudes quant à la possibilité de se trouver à proximité d’étudiants en provenant des États-Unis. Ils se demandent pourquoi l’établissement autorise les étudiants étrangers sur le campus au moment où la majorité des cours peuvent être suivis en ligne.

L’université dit que les changements apportés à la prestation des cours sont strictement temporaires. Ceux qui pourront se déplacer auront la chance de vivre l’expérience d’être sur le campus.

«Bien que le semestre d’automne puisse sembler quelque peu différent de la normale, l’université travaille avec les facultés pour développer la vie étudiante et les activités d’apprentissage sur le campus, en respectant des protocoles de sécurité rigoureux, pour les étudiants qui seront à Montréal à l’automne», a dit une porte-parole de McGill, Shirley Cardenas.

Elle a rappelé que tous les étudiants étrangers qui entrent au Canada doivent se soumettre à une période de 14 jours en isolement. «Ils seront également surveillés par les autorités de la santé publique. Des accommodements individuels seront offerts pour tout étudiant qui doit s’isoler.»

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