Des parents invités à se faire vacciner en priorité dans deux secteurs de Montréal

MONTRÉAL — Pour éteindre le feu des variants du virus causant la COVID-19, la Santé publique de Montréal cible deux secteurs de la métropole où les parents d’enfants qui fréquentent une école ou un service de garde seront vaccinés en priorité dès lundi.

Il s’agit des secteurs de Plamondon, dans le quartier Côte-des-Neiges, et de celui de Côte-St-Luc. 

Environ 25 % des variants présents sur l’île de Montréal sont concentrés dans ces deux quartiers. 

En analysant les chaînes de contagion à ces deux endroits, les autorités sanitaires ont noté que la plupart des cas ont commencé en service de garde ou dans les écoles et se sont ensuite transmis dans les domiciles, puis dans les milieux de travail et dans la communauté. Les stratégies suppressives utilisées ne semblent pas aussi bien fonctionner à ces endroits, car la transmission communautaire se poursuit, a indiqué la directrice de la Santé publique montréalaise, Dre Mylène Drouin, en point de presse jeudi midi.

Les parents seront vaccinés, mais pas les quelque 12 000 enfants de ces secteurs — le vaccin n’est pas encore homologué pour eux, a rappelé Dre Drouin. 

Quant à leurs enseignants et éducatrices, ils ne sont pas priorisés pour le moment, mais la Santé publique évalue cette possibilité.

Les CPE sont inclus dans ce projet-pilote d’une durée de deux semaines, mais pas les petites garderies privées en milieu familial.

Les services de garde et les écoles vont envoyer une lettre aux parents — certaines les ont déjà transmises — leur expliquant le projet et la marche à suivre pour prendre rendez-vous afin de se faire vacciner. Ils devront avoir en main une preuve d’inscription de leur enfant dans un service de garde ou une école. Si d’autres adultes habitent avec les enfants, ils peuvent téléphoner au numéro indiqué dans la lettre pour vérifier s’ils peuvent être vaccinés eux aussi.

En éteignant le feu dans des quartiers ciblés, la Santé publique dit avoir pour objectif d’éviter la transmission du virus dans d’autres secteurs de la ville. 

Jeudi, le ministre de la Santé a loué ce projet de la Dre Drouin, qui a fait preuve «d’innovation», dit-il. «Elle nous a demandé pour avoir plus d’agilité pour aller vacciner de façon différente», et de façon plus ciblée, dans les quartiers chauds, pour bien prendre le contrôle sur les variants, a expliqué Christian Dubé. 

Il n’y a pas qu’une seule raison expliquant pourquoi les variants du virus font plus de ravages dans ces secteurs qu’ailleurs, a dit Dre Drouin. Par contre, des variants y sont présents depuis plusieurs semaines, contrairement à d’autres quartiers, et certains sont liés à des personnes revenant de voyage. Elle a aussi rappelé qu’une grosse éclosion s’est produite dans une garderie de Côte-St-Luc, à l’origine d’une transmission communautaire, lorsque les bambins ont infecté leurs frères et sœurs fréquentant des écoles.

Alors que bien des parents sont inquiets et aimeraient bien être vaccinés eux aussi, Dre Drouin leur dit que pour elle, ce projet-pilote est «un projet montréalais», et non pas un qui serait limité à ces deux secteurs. «Il vise à protéger les autres quartiers» de la métropole: en éteignant ce «gros feu», à l’aide du vaccin, on s’assure d’épargner au maximum les autres secteurs de Montréal, a-t-elle expliqué.

Elle indique toutefois que la Santé publique ne s’attend pas à ce qu’il n’y ait plus du tout d’éclosions à Plamondon et à Côte-St-Luc après ce projet-pilote: elles demeurent possibles, et ainsi, elle incite les citoyens à maintenir les gestes barrière.

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