Des passagers canadiens du «Coral Princess» sont de retour au pays

OTTAWA — Alors que des Canadiens quittaient lundi le bateau de croisière «Coral Princess», touché par la COVID-19, d’autres voyageurs récemment rapatriés de paquebots faisaient face à un épuisement affectif après leur retour sur la terre ferme.

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, annonçait sur Twitter dimanche que les Canadiens à bord du «Coral Princess» qui ne sont pas atteints du virus rentreraient chez eux; leur long voyage de retour, avec deux escales aux États-Unis, était amorcé lundi après-midi.

Deux personnes à bord du Coral Princess sont mortes et 12 sont atteintes de la COVID-19, a confirmé le croisiériste, Princess Cruises. Par ailleurs, d’autres éprouvent des symptômes grippaux. Le navire qui transportait notamment 97 passagers canadiens, avait quitté Santiago, au Chili, le 5 mars dernier — avant que l’Agence de la santé publique du Canada ne recommande d’éviter de partir en croisière. Le paquebot a finalement accosté vendredi à Fort Lauderdale, en Floride.

La Presse canadienne a communiqué lundi avec deux couples voyageant sur le «Coral Princess».

«Nous venons de toucher le sol à Toronto», a déclaré Sanford Osler, un habitant de North Vancouver, dans un courriel lundi soir, environ deux heures après qu’un avion transportant les Canadiens devait atterrir.

Un peu plus tôt, il avait raconté par téléphone depuis l’autobus que tous les passagers portaient un masque et des gants, et qu’il se sentait en bonne santé. M. Osler voyage aussi avec sa femme, Betty Ann.

«Physiquement, je me sens normal (…) Psychologiquement, je suis soulagé d’être hors du navire, évidemment, et sur le chemin du retour. Même s’il existe d’autres incertitudes», a déclaré M. Osler par téléphone depuis l’autobus. Il ne savait pas encore si lui et sa femme devraient être mis en quarantaine à Toronto pendant 14 jours avant de rentrer à Vancouver.

Un communiqué de Princess Cruises indique que 139 invités ont quitté le navire lundi matin dans le cadre d’un effort qui a donné la priorité à « ceux qui sont partis sur un vol affrété vers le Canada ». Il a indiqué que 274 passagers étaient encore à bord.

Gary et Sue Lyon voyageaient également sur le «Coral Princess».

«Nous nous sentons tous soulagés, heureux et excités de rentrer chez nous. Nous rentrerons chez nous et nous nous isolerons pendant 14 jours», a promis M. Lyon lundi. «Nous apprécions tout ce que l’équipage et le personnel du Coral Princess ont fait pour nous pendant cette période très difficile.»

Affaires mondiales Canada n’a pas immédiatement répondu à une demande pour commenter la situation, mais le ministre François-Philippe Champagne a confirmé dimanche sur Twitter que les Canadiens à bord du «Coral Princess» qui ne présentent pas de symptômes de la COVID-19 pourraient rentrer chez eux à bord d’un avion nolisé, après un examen médical. «À leur arrivée, ils subiront à nouveau un test de dépistage et seront soumis à un isolement obligatoire de 14 jours», a écrit M. Champagne.

Bouillons de culture flottants

Les navires de croisière sont essentiellement devenus de véritables bouillons de culture flottants pour ce nouveau coronavirus.

La semaine dernière, des Canadiens à bord des MS Zaandam et MS Rotterdam sont rentrés au Canada à bord d’un avion nolisé par le croisiériste, Holland America.

Catherine McLeod et son mari, Paul, qui étaient à bord du Rotterdam, sont rentrés vendredi, épuisés physiquement et mentalement. Ils ont commencé leur isolement de 14 jours dans le confort et la sécurité de leur propre demeure.

«L’isolement n’est pas difficile car nous sommes trop épuisés mentalement pour vouloir faire quoi que ce soit», a admis Mme McLeod dans un courriel. «Nous sommes en état de choc, car nous pouvons à présent réaliser tous les risques auxquels nous avons été confrontés — et sur la chance que nous avons eue d’en être sortis sains et saufs.» Elle a aussi félicité le capitaine du navire pour avoir rapidement ordonné le confinement général.

«L’isolement (actuel) est un bien petit prix à payer compte tenu des conséquences possibles de ne pas le faire. Les gens qui ne s’isolent pas sont des imbéciles incroyablement égoïstes», a-t-elle déclaré.

Après son arrivée à l’aéroport de Miami, M. Osler envoyait des mises à jour depuis son téléphone, sur le tarmac. «Nous venons de monter dans l’avion à Miami. Nous aurons au moins une demi-heure de retard», a-t-il écrit. Puis: «Il est probable qu’on parte en retard d’environ 75 minutes».

Affaires mondiales a indiqué par ailleurs qu’il surveillait la situation de 49 Canadiens et huit membres d’équipage sur sept autres navires de croisière. Le ministère soutient qu’aux dernières nouvelles, aucun d’entre eux n’est atteint du coronavirus. Ces Canadiens sont sur les navires MS Albatros, Viking Sun, MV Columbus, Costa Deliziosa, Pacific Princess, MSC Magnifica et Queen Mary II.

La plus importante éclosion à bord d’un navire de croisière s’est produite en février sur le «Diamond Princess», également exploité par Princess Cruises. Le navire a été mis en quarantaine pendant deux semaines à Yokohama, au Japon, alors que 700 des 3700 personnes à bord ont été infectées. Le gouvernement fédéral a évacué 129 Canadiens de ce navire et les a rapatriés dans l’est de l’Ontario pour un isolement de 14 jours, le 21 février, mais 47 Canadiens infectés par le virus ont dû rester au Japon pour y être soignés.

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