Des pêcheurs ont enlevé des casiers à homard des Autochtones

SAULNIERVILLE, N.-É. — Une flottille de bateaux de pêche non autochtones s’est rendue dans la baie Sainte-Marie, au large de l’ouest de la Nouvelle-Écosse, pour retirer les casiers à homard installés par les pêcheurs de la Première nation Sipekne’katik.

Le président de l’Association des pêcheurs côtiers de la baie de Fundy, Colin Sproul, a déclaré qu’environ 100 bateaux enlevaient les casiers et que les pêcheurs avaient l’intention de les rapporter au quai de Meteghan, en Nouvelle-Écosse, plus tard dans la journée.

Selon M. Sproul, les pêcheurs veulent agir contre ce qu’ils considèrent comme une activité illégale hors-saison.

«Cela ne prendra pas très longtemps, a indiqué M. Sproul à propos de l’opération. Tous nos membres ont reçu pour instruction de ne pas s’engager avec des Autochtones ou dans tout type d’actes violents. Nous cherchons simplement à rester pacifiques.»

M. Sproul déplore que le ministère des Pêches et Océans refuse de le faire.

«Lorsque nous sommes contraints à ce genre de situation, cela montre vraiment à quel point le gouvernement est déconnecté de la situation, ici, au Canada atlantique.»

De son côté, la Première nation de Sipekne’katik affirme que sa population a le droit de pêcher en tout temps.

Le ton monte

Samedi, des pêcheurs autochtones ont bloqué l’accès aux casiers à homard à chaque extrémité du quai de Saulnierville, en Nouvelle-Écosse. Pour eux, il s’agissait d’une mesure de sécurité.

La veille, deux personnes avaient été arrêtées et accusées de voies de fait à la suite d’affrontements violents qui ont été signalés autour d’une petite opération autochtone de pêche commerciale au homard hors saison.

Rhonda Knockwood, la directrice des opérations de la Première nation, a déclaré que ses pêcheurs et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) documentaient dimanche les actions des pêcheurs non autochtones.

«Ils ont beaucoup de vidéos et rassemblent des preuves d’activités criminelles, a-t-elle précisé. Nous maintenons la paix ici. Nous essayons simplement de mettre en œuvre notre plan (de pêche).»

Dans une déclaration par courriel, la GRC a seulement indiqué qu’elle avait reçu des plaintes de vol et de méfait sur des embarcations de pêche dans la région de Saulnierville.

«Tous les rapports font l’objet d’une enquête. Nous resterons dans la région pour assurer la sécurité du public et de la police et maintenir la paix», indique le communiqué de la police fédérale.

Le ministère suit la situation

Dans un courriel, le porte-parole du ministère des Pêches et des Océans, Stephen Bornais, a affirmé que «la sûreté et la sécurité de tous les pêcheurs sont notre priorité».

M. Bornais a ajouté que des navires de la Garde côtière canadienne étaient dans la zone pour surveiller la situation, fournir un soutien sur demande et pour s’assurer qu’une capacité de recherche et de sauvetage suffisante soit présente dans le secteur au cas où cela serait nécessaire.

«Le MPO se coordonne avec les forces de l’ordre locales pour s’assurer que les interactions de pêche dans la zone demeurent sûres et respectueuses», a-t-il déclaré.

Un droit assujetti à la réglementation

En septembre 1999, la Cour suprême a confirmé le droit des communautés autochtones de l’est du pays de chasser et de pêcher pour «s’assurer une subsistance convenable». Il avait alors statué que Donald Marshall avait le droit, en vertu d’un traité ancestral, de pêcher les anguilles quand et où il le voulait — sans permis. L’arrêt Marshall a également conclu que les communautés micmaques, malécites et passamaquoddy de l’est du Canada pouvaient chasser, pêcher et se rassembler pour gagner «un moyen de subsistance convenable» — pour se procurer les «biens nécessaires».

Le tribunal a cependant clarifié son arrêt deux mois plus tard en précisant que le droit issu du traité était tout de même assujetti à la réglementation fédérale. Les pêcheurs non autochtones de l’ouest de la Nouvelle-Écosse soutiennent que cette précision est essentielle pour comprendre leur opposition à une pêche au homard autochtone autoréglementée, qui n’est pas assujettie à la réglementation fédérale.

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