Des personnalités publiques disent non à l’intimidation et à la désinformation

QUÉBEC — Un collectif formé de personnalités publiques, avec à sa tête les députés Catherine Dorion et Joël Lightbound, demande de rehausser le niveau des débats au Québec.

En point de presse à Québec vendredi, ils ont dénoncé l’intimidation, la désinformation et les propos haineux qui sévissent dans certains médias, qu’ils ont refusé d’identifier.

Ils ont cependant laissé entendre que les radios d’opinion et les chroniqueurs étaient responsables d’un certain climat de peur.

L’intimidation fait des ravages sur les individus et la collectivité, ont martelé les membres du collectif, qui porte le nom «Liberté d’oppression».

Difficile de recruter

Le résultat est que plusieurs personnes, leur réputation salie, choisissent de se retirer de l’espace public. Le recrutement en politique est de plus en plus difficile, a illustré M. Lightbound, un député libéral fédéral.

«Il y a une majorité silencieuse qui (…) en a soupé de l’intimidation, des insultes et des injures dans nos médias», a-t-il déclaré.

«On se dirige vers des élections municipales, peut-être, sait-on jamais, fédérales aussi. On essaie de recruter des candidats, et on a toute la misère du monde parce que personne ne veut aller s’exposer à ce genre de traitement.»  

Les réseaux sociaux s’en nourrissent

Pour sa part, Mme Dorion explique que le comportement de certains médias traditionnels, qui véhiculent des messages haineux, encourage ensuite les internautes à se déchaîner sur les réseaux sociaux.

Les deux agissent en «vases communicants», a-t-elle dit.

«Tu te lèves un matin, tu reçois une floppée de messages haineux sur tes réseaux sociaux (…) et tu te dis: (…) « Pourquoi? » et tout à coup tu vois l’article ou la diatribe du matin qui est sorti (…) et qui légitime ça», a déploré la députée de Québec solidaire dans Taschereau.

Actes violents

Par ailleurs, l’expert en sécurité nationale et membre du collectif Michel Juneau-Katsuya voit un lien direct entre certains messages véhiculés et la prolifération d’actes violents.

«Depuis 2017, le Québec est en hausse constante de crimes haineux. On en a eu plus ici que l’ensemble du Canada réuni», a-t-il affirmé. 

«La haine n’arrive pas génétiquement. La haine, on l’enseigne, on en fait la promotion, on la distribue à haute voix. Lorsqu’une menterie est répétée suffisamment elle devient une vérité.»

La très grande majorité des gens des médias défendent leur métier avec rigueur et professionnalisme, ont toutefois nuancé les membres du collectif.

Mais «une petite portion d’individus» affirment comme des évidences des choses fausses ou inexactes, créent des amalgames mensongers et diffamatoires, ou usent de propos injurieux.

Ces acteurs dans les médias participent à la dégradation de la discussion collective des Québécois, dénonce-t-on.

Exemples concrets

Dans un communiqué distribué aux journalistes vendredi, le collectif donne des exemples concrets de «propos haineux» et de «désinformation» publiés ou diffusés par des médias du Québec.

«Moi, ma définition d’un idiot, c’est quelqu’un qui fait du bicycle en hiver. (…) Aujourd’hui, quelqu’un en bicycle, frappez-le, soulagez-le, faites quelque chose.»

«Il n’y a jamais eu de deuxième vague de coronavirus nulle part. (…) Quand on dit, on se prépare pour une deuxième vague, ça ne repose sur rien. (…) Quand on dit que le virus est dangereux, ça ne repose sur rien.»

Déclaration de principe

Le collectif invite la population à participer au mouvement pour un climat social plus sain au Québec en signant sa déclaration de principe à libertedoppression.com. 

Plus de 30 personnalités ont déjà signé la déclaration, dont Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et Labrador, Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau, Safia Nolin, auteure-compositrice-interprète, et Jay Du Temple, humoriste et animateur.

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