Des photos de réfugiées portant le voile ne faisaient pas l’unanimité

OTTAWA – Afin d’appuyer sa campagne de relations publiques pour l’accueil de réfugiés syriens, le gouvernement fédéral a présenté à des groupes de discussion de cinq régions du pays diverses photos, et celle d’une femme portant le voile faisait sourciller, surtout à Montréal, selon le Cabinet du premier ministre.

Inquiets de la réaction des Canadiens face à l’accueil soudain de 25 000 réfugiés syriens, promis par les libéraux, des membres du Cabinet du premier ministre ont demandé en novembre et décembre derniers l’avis de citoyens sur diverses campagnes de publicité. Or, certains participants à des groupes de discussion — surtout à Montréal — ont estimé que la photo d’une femme portant le voile pourrait provoquer des réactions négatives ou alimenter les préjugés.

Dans le rapport sur ces groupes de discussion, le Cabinet du premier ministre indique qu’à l’inverse, ceux qui appréciaient la photo de la femme au voile avec des enfants estimaient qu’elle était porteuse d’un message de compassion. Cette photo et une autre montrant des enfants sont toujours visibles sur le site du ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau avait annoncé en novembre ce vaste plan qui prévoyait d’accueillir 25 000 réfugiés syriens en quatre mois, jusqu’à la fin de février. Quelques jours plus tard, le Cabinet du premier ministre a ajouté ce sujet aux séances de discussion de groupes de Canadiens consultés régulièrement sur diverses questions d’actualité et de politiques publiques.

Les participants à Halifax et Vancouver étaient les plus favorables au programme de réfugiés, alors que ceux de Toronto et Montréal étaient davantage partagés.

Ceux qui étaient d’accord soutenaient que ce programme collait aux valeurs canadiennes. Ceux qui étaient ambivalents se disaient tout aussi généreux, mais préféraient que l’on prenne le temps de bien faire les choses, sans précipitation. Ceux qui étaient contre estimaient qu’on devait d’abord s’occuper des Canadiens. Certains s’inquiétaient aussi d’un possible manque de ressources pour intégrer une telle vague de réfugiés.

Alors même que se déroulaient ces consultations informelles, une campagne a été lancée en ligne. Entre le 27 novembre et la fin du mois de mars, le ministère a consacré environ 166 300 $ à des campagnes en ligne, notamment sur Facebook et Twitter, selon des renseignements déposés à la Chambre des communes. Le gouvernement a aussi consacré 60 000 $ à des publicités qui surgissaient dans des moteurs de recherche lorsque l’on tapait certains mots-clés.