Des préposés aux bénéficiaires demandent un décret au gouvernement Legault

MONTRÉAL — Des préposés aux bénéficiaires, qui gagnent souvent 13 $ ou 14 $ l’heure dans des résidences privées pour personnes âgées, demandent au gouvernement Legault d’adopter un décret pour leur assurer des conditions de travail minimales.

Des propositions à cet effet seront soumises aux 1200 délégués de la FTQ qui se réuniront en congrès, à la fin du mois à Québec.

Ces préposés aux bénéficiaires travaillent dans des résidences pour aînés qui appartiennent à des entreprises privées comme Chartwell ou les Résidences Soleil. Les préposés y gagnent environ 13,50 $ l’heure, soit à peine plus que le salaire minimum qui est de 12,50 $ l’heure.

Le Syndicat québécois des employés de service (SQEES), qui est affilié à la FTQ et qui représente 10 000 de ces travailleurs dans 130 résidences pour aînés au Québec, demande donc au gouvernement Legault de les soumettre à la Loi sur les décrets de convention collective.

De tels décrets existent déjà dans des domaines comme les agences de sécurité et l’entretien d’édifices publics. Ils permettent d’accorder des conditions de travail minimales aux travailleurs concernés, qu’ils soient ou non syndiqués, et ce, même s’ils travaillent pour des employeurs différents.

Conditions «abominables»

En entrevue avec La Presse canadienne mardi, la présidente du SQEES, Sylvie Nelson, a fait valoir que ces travailleurs ont des conditions de travail «abominables» et vivent une surcharge de travail, à cause de la pénurie de personnel. Le taux de roulement y est important.

«Donc, on aimerait que le gouvernement intervienne pour décréter des conditions minimales, et ce, pour tous les titres d’emploi, pas seulement les préposés», a plaidé Mme Nelson. Cela toucherait donc les autres employés dans ces résidences privées pour aînés, comme ceux qui travaillent à la cuisine, à la buanderie et à l’entretien.

Comment ça fonctionne

Les conditions de travail prévues dans un décret sont négociées par deux parties — qui représentent des travailleurs et des employeurs concernés — avant d’être ensuite étendues à tous les employeurs et à tous les travailleurs du secteur, syndiqués et non syndiqués.

Ces décrets sont ensuite gérés par des comités paritaires.

«Ça leur donnerait de meilleures conditions de travail. Vous comprendrez qu’avec 13,50 $ l’heure, c’est difficile d’arriver au bout du mois. Ça permettrait aussi qu’il y aurait moins de concurrence entre les résidences et aussi beaucoup moins de roulement de personnel», a fait valoir Mme Nelson.

Elle rappelle que le gouvernement réserve et paie lui-même pour des places dans ces résidences, bien qu’elles soient privées, et que plusieurs normes et pratiques sont encadrées par le ministère de la Santé et des Services sociaux. À ses yeux, le gouvernement serait donc encore plus légitimé d’intervenir pour s’assurer de conditions de travail minimales.

Trois propositions à ce sujet seront soumises aux 1200 délégués de la FTQ, provenant du SQEES et du syndicat des Teamsters, qui représente également des préposés aux bénéficiaires dans le secteur privé. Les deux grands syndicats veulent que la FTQ, qui a plus de 600 000 membres, y mette tout son poids et fasse pression sur le gouvernement Legault.

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