Des préposés aux bénéficiaires en conciliation avec le plus gros employeur

MONTRÉAL — Le plus grand syndicat de préposés aux bénéficiaires dans le secteur privé a rencontré en conciliation, mardi, le plus gros employeur privé du secteur, le Groupe Chartwell, alors que le syndicat est déjà muni d’un mandat de grève dans 12 de ces résidences privées pour personnes âgées.

Le Syndicat québécois des employés de service (SQEES), qui est affilié à la FTQ, avait déjà tenu des votes de grève dans 12 résidences Chartwell. Il devait en tenir dans trois autres, lorsque la pandémie de coronavirus s’est déclarée, a indiqué le SQEES.

La grève n’a donc pas été déclenchée dans ces résidences privées, où travaillent quelque 1000 salariés, principalement des préposés aux bénéficiaires, mais aussi des préposés aux cuisines et à l’entretien ménager, notamment.

La rencontre a eu lieu en présence de deux conciliateurs.

Ce sont ces salariés qui gagnent de 13 $ à 14 $ l’heure, avant le versement des primes temporaires offertes par Québec durant la pandémie de la COVID-19.

Depuis quelque temps déjà, le SQEES revendique d’abord un salaire de 15 $ l’heure dès la première année pour les bas salariés — pas seulement les préposés aux bénéficiaires. Puis il demande 1 $ l’heure d’augmentation par année, pendant trois ans.

C’est cette revendication qu’il a portée, mardi en conciliation, au Groupe Chartwell, qui se décrit comme «le plus important exploitant du secteur de l’hébergement pour retraités au Canada».

En entrevue après la rencontre, la présidente du SQEES-FTQ, Sylvie Nelson, s’est dite ouverte à la discussion, mais «il faut 15 $ de l’heure pour nos bas salariés», a-t-elle lancé. Elle rappelle que le salaire minimum est rendu à 13,10 $ depuis le 1er mai.

«On est prêt à commencer la négociation. On veut un blitz de négociation dans les semaines du 8 et du 15 juin. On aimerait ça régler ça avant l’été», a lancé Mme Nelson.

Elle assure qu’il n’est pas question d’exercer le mandat de grève dans le contexte actuel. «On ne demandera pas à notre monde de sortir dehors en pleine pandémie.»

Employeur

Du côté de Chartwell, la vice-présidente pour les services opérationnels au Québec, Marie-France Lemay, a confirmé que «les discussions ont repris avec le syndicat, après une pause forcée due à la pandémie de la COVID-19».

Elle a ajouté que les négociations se poursuivaient avec les conciliateurs «afin d’explorer les avenues menant à un accord et nous sommes confiants d’en arriver à des ententes», a ajouté Mme Lemay, par courriel.

Étrangement, elle a soutenu qu’«à l’heure actuelle, aucun mandat de grève n’a encore été formellement porté à l’attention de Chartwell de la part du syndicat».

Décret

Le SQEES a demandé à plusieurs reprises au gouvernement Legault d’adopter un décret de convention collective pour l’ensemble des résidences privées pour personnes âgées. Un tel décret accorde des conditions minimales de travail pour tous les salariés d’un secteur, qu’ils soient syndiqués ou non syndiqués.

Il existe 15 décrets au Québec, dans les agences de sécurité, par exemple, ou dans l’entretien ménager d’édifices publics. Ils sont ensuite gérés par des comités paritaires.

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