Des professeurs d’histoire du N.-B. offrent leur expertise aux Autochtones

FREDERICTON — Des professeurs d’histoire de l’Université du Nouveau-Brunswick offrent aux Autochtones leurs compétences en matière de recherche, estimant que les Premières Nations restent toujours menacées par les «politiques impérialistes et génocidaires» du Canada.

Dans un récent message publié sur la page Facebook officielle du département d’histoire de l’université, les professeurs du campus de Fredericton expriment d’abord leurs condoléances à la première nation Tk’emlups te Secwepemc, en Colombie-Britannique, qui a récemment découvert ce que l’on croit être les restes de 215 enfants sur le site de l’ancien pensionnat de Kamloops.

Les professeurs expliquent ensuite que ce sinistre événement les a motivés à tendre la main aux communautés autochtones et à offrir une aide gratuite pour leurs recherches archivistiques et généalogiques. «Nous avons aussi accès à tout un réseau d’historiens un peu partout», a rappelé mercredi la professeure Angela Tozer, qui se spécialise dans l’histoire canadienne moderne et le colonialisme de peuplement. «Il s’agit en fait d’abattre les barrières afin que les gens se sentent à l’aise de solliciter notre aide.»

Dans leur déclaration, les professeurs de l’Université du Nouveau-Brunswick abordent ensuite le rôle que les historiens canadiens ont joué, selon eux, en «occultant» l’histoire du colonialisme au Canada. «L’histoire canadienne, en tant que discipline, perpétue souvent des idéologies nationalistes qui ont rendu possible des politiques génocidaires, telles que l’incarcération d’enfants autochtones dans des pensionnats, grâce à la création de récits qui défendent la justice de l’État colonisateur canadien», indiquent les professeurs. 

«Nous appelons tous les historiens canadiens à réaliser comment ils ont contribué aux politiques génocidaires et à rejeter les curriculums provinciaux qui nient ou minimisent l’histoire du colonialisme de peuplement, des pensionnats et des externats.»

Selon Mme Tozer, le langage fort utilisé par les collègues de son département reflète le fait que depuis une dizaine d’années, on assiste à un changement dans la façon dont les historiens abordent leur discipline. «Je peux dire avec une certaine assurance que les historiens de tout le Canada seraient probablement d’accord avec notre déclaration», a-t-elle soutenu mercredi.

Selon elle, les historiens ont fini par comprendre que le domaine relativement nouveau des études coloniales avait mis en évidence la façon dont des États comme le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Australie ont été bâtis grâce à des politiques qui ont asservi les premiers peuples. «Il est entendu que (…) pour les peuples autochtones, leurs terres, leur eau et leurs espaces de vie ont été appropriés par l’État», a déclaré Mme Tozer.

Elle ajoute que le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation, en 2015, a également joué un rôle pour illustrer comment le système des pensionnats faisait partie d’un «génocide culturel».

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