Des professionnels témoignent des troubles du jeune Riley, tué par la police en 2018

Un neuropsychiatre qui a vu le jeune Riley Fairholm quelques mois seulement avant qu’il ne soit tué par la police en juillet 2018 a déclaré à l’enquête de la coroner jeudi qu’il l’avait diagnostiqué comme souffrant de symptômes liés à une lésion cérébrale traumatique.

L’enquête porte sur la mort du jeune de 17 ans, qui a été tué par la Sûreté du Québec alors qu’il était en détresse et agitait un pistolet à air comprimé tôt le 25 juillet 2018.

Toute l’interaction dans le stationnement d’un restaurant abandonné à Lac-Brome, en Estrie, a duré un peu plus d’une minute, un policier vétéran disant à plusieurs reprises à Riley Fairholm de laisser tomber son arme avant que l’un des six policiers présents n’ouvre le feu, atteignant l’adolescent à la tête.

La police a déclaré à l’enquête qu’il criait de manière incohérente et faisait les cent pas tout en agitant l’arme, mais ne semblait pas la pointer vers un policier en particulier.

Riley Fairholm avait laissé une note de suicide et envoyé un message texte à sa mère quelques minutes avant qu’il ne soit abattu. Il avait appelé le 911 lui-même et fourni à la police une description précise de ce qu’il portait et qu’il avait une arme. Cependant, les policiers qui ont répondu ne savaient pas que la personne devant eux était celle qui avait appelé le 911 et que l’arme qu’il tenait était un pistolet à air comprimé.

La fusillade a fait l’objet d’une enquête par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), après quoi la Direction des poursuites criminelles et pénales a décidé de ne pas porter d’accusations.

La famille de Riley Fairholm a soutenu que la police avait été trop rapide à ouvrir le feu et ils ont accusé le BEI de manquer de transparence.

Plusieurs experts en santé ont témoigné jeudi devant la coroner Géhane Kamel, dont le neuropsychiatre Dr Sylvain Boucher, qui a évalué Riley Fairholm en février 2018 et recommandé un traitement pour le syndrome post-commotionnel. Il a identifié au moins deux incidents de traumatisme crânien dans la jeunesse de Riley Fairholm, dont un accident de ski à 12 ans.

M. Boucher a déclaré à l’enquête que l’adolescent souffrait de symptômes compatibles avec le syndrome post-commotionnel, notamment une sensibilité à la lumière et au bruit et un ralentissement des processus de pensée. Il a dit que cela pourrait expliquer les problèmes de concentration de l’adolescent à l’école et la dépression cyclique. Un traumatisme crânien peut entraîner des symptômes d’anxiété, d’inattention, de dépression et des problèmes de comportement, a déclaré M. Boucher.

Mais il a dit qu’il n’avait aucune raison de croire que Riley Fairholm était suicidaire. S’il y avait eu des inquiétudes, il les aurait signalées, a-t-il soutenu.

M. Boucher avait recommandé que l’adolescent suive une thérapie de «neurofeedback» pour améliorer la fonction cérébrale, une thérapie populaire utilisée par des athlètes professionnels. Mais Riley Fairholm a subi une commotion cérébrale liée au rugby en mai 2018 et la thérapie n’a jamais été administrée.

Après le diagnostic de M. Boucher, le médecin de famille de l’adolescent lui a prescrit un antidépresseur, le Wellbutrin, en avril 2018. Le médecin, Normand Chagnon, a déclaré n’avoir jamais noté de signes extérieurs de dépression. 

M. Chagnon a pris conscience des problèmes de Riley Fairholm en 2015 lorsque sa mère s’est plainte de sautes d’humeur, de dépression et de problèmes à l’école. Elle a essayé de le faire suivre par un psychiatre, mais il a été déterminé qu’il serait évalué par une psychologue, Anna Beth Doyle.

Mme Doyle l’a rencontré à quelques reprises fin 2015, mais le patient a interrompu les visites. Lorsqu’elle a vu Riley Fairholm pour la dernière fois en novembre 2015, il allait mieux, dormait régulièrement et avait coupé les sports d’équipe pour se concentrer sur l’école. Alors Mme Doyle a dit qu’elle n’avait pas poussé plus loin pour continuer la thérapie.

«C’était un jeune homme charmant, très coopératif, mais pas très loquace», a-t-elle dit, ajoutant qu’elle avait travaillé avec lui sur différentes façons de gérer le stress lorsqu’il tombait dans des moments de dépression modérée.

Elle a dit qu’avec le recul, elle aurait peut-être pu travailler plus étroitement avec la mère. Mais elle a souligné qu’il venait d’avoir 15 ans, et qu’elle était liée par le droit d’un adolescent de prendre ses propres décisions en matière de santé. 

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