Des républicains exhortent Trump à démissionner ou à rester tranquille

WASHINGTON — Un deuxième sénateur républicain a réclamé la démission de Donald Trump. Un troisième lui a recommandé d’être «très prudent» au cours des derniers jours qui le séparent de la fin de son mandat, le 20 janvier.

Pendant ce temps, la Chambre des représentants se prépare fébrilement à amorcer une deuxième procédure de destitution à la suite de l’émeute meurtrière de mercredi au Capitole.

Pat Toomey, un sénateur de la Pennsylvanie, a exhorté le président défait à «démissionner et à s’en aller dès que possible». Vendredi, c’est une sénatrice de l’Alaska, Lisa Murkowski, qui avait déclaré que M. Trump «devait simplement s’en aller».

Selon M. Toomey, une démission serait «la meilleure voie à suivre». Il juge que M. Trump méritait d’être destitué pour avoir encouragé ses partisans à se rendre au Capitole. Il déplore toutefois qu’il ne reste pas assez de temps pour la procédure de destitution. Le sénateur n’est pas optimiste sur les chances que le locataire de la Maison-Blanche quitte les lieux avant le 20 janvier.

De son côté, Roy Blunt, du Missouri, a averti M. Trump de rester «très prudent» au cours des 10 prochains jours.

Les leaders démocrates, furieux de l’insurrection visant à maintenir M. Trump au pouvoir, semblent déterminés à agir rapidement.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a tenu une conférence téléphonique avec l’équipe de direction démocrate. Elle a aussi envoyé une lettre à tous ses collègues pour réitérer que M. Trump devait être tenu responsable de la violence de mercredi. Elle a recommandé à son caucus, maintenant dispersé dans tout le pays de «se tenir prêts à revenir à Washington cette semaine», mais elle n’a pas catégoriquement confirmé qu’il y aurait un vote de destitution.

Jim Clyburn, le numéro trois démocrate à la Chambre des représentants a indiqué que la procédure pourrait s’amorcer mardi ou mercredi.

Il a toutefois laissé entendre que Mme Pelosi pourrait retenir la mise en accusation jusqu’à la fin des 100 premiers jours du mandat de Joe Biden.

«Donnons au président élu Biden les 100 jours dont il a besoin pour lancer son programme, a-t-il déclaré. Nous enverrons la mise en accusation [au Sénat] un peu plus tard.»

Certains préféreraient la tenue d’un vote séparé sur une résolution qui empêcherait M. Trump à devenir de nouveau candidat. Une telle résolution ne nécessiterait qu’une majorité simple de 51 sénateurs. La destitution nécessite l’aval du deux tiers des 100 sénateurs.

M. Toomey dit qu’il pourrait appuyer une telle résolution. «Le président s’est disqualifié à jamais pour toute fonction. Je ne pense pas qu’il soit éligible de quelque manière que ce soit.»

Mais certains sénateurs républicains, comme le Floridien Marco Rubio croit qu’il s’agit d’une perte de temps. «Au lieu de rassembler le pays, les démocrates veulent parler de choses ridicules comme la destitution d’un président à qui il ne reste qu’environ neuf jours à ses fonctions.»

Adam Kinzinger, un représentant républicain qui ne porte pas le président en son coeur, dit qu’il voterait «dans le bon sens» si la procédure allait de l’avant, mais il a mis ses collègues en garde. «Honnêtement, je ne pense pas que la destitution soit la décision intelligente à prendre, car je pense qu’elle victimise à nouveau Donald Trump.»

Les démocrates envisagent aussi de proposer une résolution créant une commission pouvant recommander au vice-président Mike Pence d’invoquer le 25e amendement pour retirer le pouvoir à Donald Trump.

La Maison-Blanche a refusé de commenter les nouveaux appels à la démission de Donald Trump provenant des rangs républicains.

– Par Darlene Superville, Alan Fram et Mary Clare Jalonick The Associated Press

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