Des sanctions en réponse aux violations des droits de la personne en Chine

OTTAWA — Le Canada impose des sanctions contre des fonctionnaires chinois pour des violations des droits de la personne dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang.

En conférence de presse à Trois-Rivières, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé que cela reflétait les inquiétudes du gouvernement à l’égard de «violations flagrantes et systématiques des droits de la personne dans la région».

Le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, a déclaré qu’en franchissant cette étape, le Canada se joint à ses partenaires pour demander à la Chine de mettre fin à une campagne systématique de répression.

Cette décision est prise de concert avec le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Union européenne.

Le gouvernement fédéral affirme que les preuves s’accumulent sur des violations systémiques des droits de la personne par les autorités chinoises contre plus d’un million d’Ouïghours et d’autres minorités ethniques musulmanes en raison de leur religion et de leur appartenance ethnique.

Devant la presse, le premier ministre Justin Trudeau a assuré qu’il ne s’agit pas de représailles aux procédures contre les «deux Michael» en Chine. 

«Il n’y a pas de lien entre les deux événements, a affirmé M. Trudeau. On est avec nos alliés à l’international, étant très préoccupés par la situation à laquelle font face les minorités musulmanes dans l’ouest de la Chine, les Ouïghours. C’est pour ça qu’on est allés de l’avant de concert avec nos alliés.»

Les Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor ont maintenant été jugés, mais la procédure a été close et il n’y a pas eu de verdict, une décision critiquée non seulement par le Canada, mais aussi par ses alliés.

Il y avait eu des pressions sur le gouvernement libéral pour imposer des sanctions contre la Chine à cet égard également.

Les sanctions reliées aux Ouïghours arrivent après des semaines de pression au Canada pour que le gouvernement prenne des mesures plus énergiques en réponse aux atrocités présumées en Chine, dont ce régime nie l’existence.

La Chambre des communes a voté le mois dernier pour déclarer qu’il s’agissait d’un génocide, mais le premier ministre et tous les membres de son cabinet sauf un n’ont pas pris part au vote.

Le Canada n’a pas agi seul pour punir la Chine: le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Union européenne ont également imposé leurs propres sanctions.

Le gouvernement chinois a agi rapidement lundi pour mettre en œuvre des sanctions de représailles contre les responsables de l’Union européenne.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que la décision de l’UE ne reposait sur «rien d’autre que des mensonges et de la désinformation» et interférait avec les affaires intérieures de la Chine.

«La partie chinoise exhorte la partie européenne à réfléchir sur elle-même, à faire face à la gravité de son erreur et à la réparer», a soutenu le porte-parole dans un communiqué publié en ligne.

«Elle doit cesser de faire la leçon aux autres sur les droits de la personne et de s’ingérer dans leurs affaires intérieures. Elle doit mettre fin à la pratique hypocrite de deux poids deux mesures et arrêter d’aller plus loin sur la mauvaise voie. Sinon, la Chine aura résolument d’autres réactions.»

La déclaration ne mentionnait pas le Canada, les États-Unis ou le Royaume-Uni.

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