Des scientifiques de Colombie-Britannique cartographieront la chaleur d’un volcan

MONTRÉAL — Une équipe de scientifiques s’apprête à faire une imagerie souterraine d’un volcan de la Colombie-Britannique dans le but d’aider à l’exploitation de la chaleur qui transforme la roche en magma.

Le géologue Steve Grasby, de Ressources naturelles Canada, envisage de diriger une équipe de chercheurs sur le mont Cayley, près de la communauté de Whistler. Même si sa dernière coulée de lave remonte aux années 1700, il y a encore beaucoup de chaleur sous la terre et son équipe espère dessiner une image en trois dimensions des entrailles du mont Cayley pour aider les sociétés d’énergie géothermique à trouver où se situent les températures les plus élevées et les eaux souterraines les plus chaudes.

La formation rocheuse fait partie de la même chaîne de montagnes que des pics volcaniques bien connus tels que le mont Saint Helens, dans l’État de Washington. Au mont Meager voisin, un puits foré dans les années 1970 a enregistré des températures de 250 degrés Celsius à 1,5 kilomètre de profondeur. À titre de comparaison, les températures souterraines en Alberta – où certains voient un potentiel géothermique dans les puits d’énergie parsemant la province – n’augmentent que de 50 °C pour chaque kilomètre de profondeur.

«En matière de température, c’est une ressource de classe mondiale», a soutenu M. Grasby.

Une carte en trois dimensions

Les centrales géothermiques produisent de l’électricité grâce à la chaleur contenue dans l’eau souterraine. Leur succès dépend du forage de puits juste au bon endroit pour trouver le plus d’eau aux températures les plus élevées.

M. Grasby a expliqué que le travail étant si coûteux que les entreprises de forage géothermique ont besoin d’un taux de réussite de 50 % pour être viables. Les foreurs de pétrole et de gaz, a-t-il dit, n’ont besoin d’avoir raison qu’une fois sur sept.

Ses collègues et lui tentent de trouver des moyens d’aider les foreurs à améliorer leur taux de réussite en créant une carte en trois dimensions des entrailles de Cayley ― sans utiliser d’outils traditionnels tels que les lignes sismiques.

Une partie de la carte sera dessinée à travers la géologie de base. L’équipe analysera quels types de roches sont présents pour déterminer leur degré de perméabilité ou de porosité, ou pour localiser et schématiser les systèmes de failles susceptibles de contenir de l’eau chaude.

Mais ils analyseront aussi la façon dont l’énergie électromagnétique se déplace à travers le volcan, créant ce que le scientifique compare à une imagerie aux rayons X semblable à celle que l’on peut passer dans un hôpital. Par exemple, lorsque la foudre frappe, les géologues peuvent examiner comment cette énergie se déplace à travers la terre, où elle est absorbée et par où elle passe.

«Vous pouvez commencer à développer une image en trois dimensions de ce qui se trouve sous terre. En collectant ces observations tout autour du volcan, vous pouvez commencer à voir qu’il y a une chambre magmatique à 10 kilomètres de profondeur ou un réservoir rempli de fluide chaud à 2 kilomètres.»

Une ressource renouvelable

Le Canada a quelques projets géothermiques en cours.

Des entreprises en Saskatchewan et en Colombie-Britannique ont foré des puits et plusieurs autres prévoient le faire dans le futur. De son côté, l’Alberta s’est récemment jointe à la Colombie-Britannique dans l’élaboration d’une réglementation pour le développement géothermique.

Mais aucun puits géothermique ne produit encore d’énergie, ce qui fait du Canada le seul pays de la ceinture de feu du Pacifique à ne pas le faire.

La source d’énergie renouvelable pourrait être d’une grande aide pour répondre aux besoins énergétiques du Canada, a affirmé M. Grasby.

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