Des séparatistes manifestent à Barcelone pour faire libérer leurs dirigeants

BARCELONE, Espagne — Policiers et manifestants se sont affrontés en Catalogne, samedi, après un rassemblement massif à Barcelone contre l’emprisonnement de neuf dirigeants séparatistes pour leur rôle dans une tentative de sécession illégale en 2017.

Les services d’urgence de la région rapportent que 15 personnes ont dû être soignées pour des blessures subies pendant ces affrontements, dont un photographe de l’Associated Press qui a été frappé au visage avec un bâton de police. La police régionale de Catalogne indique qu’un de ses agents a été sérieusement blessé. Au moins une personne a dû être transportée en civière puis emmenée en ambulance.

Cette flambée de violence survient après une semaine de calme relatif, suivant les six jours au cours desquels cette région d’Espagne a été secouée chaque soir par des émeutes. À la source de cette agitation: le verdict rendu par la Cour suprême espagnole, le 14 octobre dernier, qui avait reconnu 12 dirigeants séparatistes coupables de divers crimes.

Neuf d’entre eux ont été condamnés des peines de neuf à treize ans d’emprisonnement pour sédition. Quatre autres ont également été reconnus coupables d’abus de fonds publics. Trois autres ont été mis à l’amende pour désobéissance à l’autorité. Mais ils ont tous été acquittés de l’accusation la plus grave: celle de rébellion, qui est passible de jusqu’à 25 ans de prison.

Plus tôt samedi, la police rapportait que pas moins de 350 000 manifestants avaient à nouveau pris la rue samedi afin de dénoncer ce jugement, plusieurs brandissant des drapeaux indépendantistes.

«Nous ne pouvons pas accepter que (les prisonniers) aient été condamnés à des peines de neuf à treize ans pour avoir défendu l’autodétermination des Catalans», a déclaré Elisenda Paluzie, présidente du groupe séparatiste ANC.

Le gouvernement espagnol affirme que le Parlement national devrait carrément modifier la Constitution, qui considère la nation comme indivisible, afin de légaliser la sécession d’une région.

La crise catalane devrait constituer un enjeu majeur pendant l’élection nationale, prévue le 10 novembre en Espagne, lors de laquelle le premier ministre socialiste Pedro Sánchez tentera de rester au pouvoir.

Le parti d’extrême droite Vox a pour sa part rassemblé plusieurs milliers de personnes dans le centre de Madrid, samedi, tandis que la formation tente de se présenter comme le meilleur frein à la fragmentation de l’Espagne.

Le plus important groupe d’opposants à la sécession organisera dimanche son propre rassemblement à Barcelone.

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