Des snowbirds examinent les impacts des nouvelles mesures pour les voyageurs

VANCOUVER — Les plus récentes règles pour les voyageurs arrivant au Canada ne font pas le bonheur des «snowbirds», ces Canadiens qui passent l’hiver au sud de la frontière.

Valorie Crooks, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur la prestation de soins de santé en fonction des régions, a déclaré que tout le monde avait accès aux mêmes informations sur la santé publique et que les «snowbirds» qui ont afflué vers le sud «ont fait ce qu’ils jugeaient permis».

Il n’y a pas d’interdiction formelle de voyager et les «snowbirds» ne se considèrent pas comme des vacanciers, a expliqué Mme Crooks, professeure à l’Université Simon Fraser, qui fait des recherches depuis des années auprès des communautés de «snowbirds» en Floride et en Arizona.

«Ils considèrent que ça fait partie de leur vie ou de leur mode de vie», a-t-elle expliqué, notant que les «snowbirds» quittent le pays pendant de longues périodes et qu’ils sont habitués à tenir compte des considérations de santé dans leur décision.

Certains «snowbirds» estiment que les communications tardives du gouvernement sur les voyages pendant la pandémie les ont laissés dans l’incertitude, a indiqué Mme Crooks, alors que des exigences plus strictes entreront en vigueur dans 10 jours pour toute personne arrivant au Canada par avion.

De nouvelles règles 

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré cette semaine que toute personne arrivant au Canada par voie terrestre devra, à compter de lundi, présenter un résultat négatif à un test de dépistage de la COVID-19. Ceux qui n’ont pas le résultat de test requis pourraient être condamnés à une amende allant jusqu’à 3000 $.

Depuis le mois dernier, les voyageurs arrivant par avion sont tenus de présenter les résultats d’un test moléculaire (PCR) datant de moins de trois jours. Mais le gouvernement fédéral a annoncé vendredi que de nouvelles mesures de dépistage et de quarantaine entreront en vigueur le 22 février. Les voyageurs arrivés par avion seront conduits dans un hôtel près de l’un des quatre aéroports canadiens désignés actuellement pour accueillir des vols internationaux — Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver. Les hôtels avaient jusqu’à mercredi pour faire partie d’une liste parmi laquelle les voyageurs pourront choisir.

L’Association canadienne des snowbirds a critiqué cette exigence supplémentaire obligeant les voyageurs aériens à passer un deuxième test de dépistage à leur arrivée et à séjourner dans un hôtel pendant environ trois jours en attendant les résultats, à un coût potentiel de 2000 $ par personne.

Dans une lettre récente adressée au ministre fédéral des Transports, la présidente Karen Huestis a écrit que le coût du séjour à l’hôtel pose des difficultés financières pour plusieurs personnes et que les voyageurs dont le test est négatif devraient pouvoir se mettre en quarantaine chez eux.

Ceux qui arrivent au Canada par voie terrestre ne seront pas tenus de se mettre en quarantaine dans un hôtel. Mais la perspective de cette quarantaine dans un hôtel a ramené certains «snowbirds» au Canada plus tôt que prévu, tandis que d’autres tentent leur chance ou prolongent leur séjour dans le Sud.

«Les snowbirds, c’est pas pareil»

Le Dr Morley Rubinoff, 71 ans, a déclaré qu’il avait quitté son appartement de Puerto Vallarta, au Mexique, environ six semaines plus tôt cette année pour éviter ce qu’il appelle «l’enfer de l’hôtel». Le spécialiste dentaire semi-retraité a expliqué qu’il était arrivé au Mexique le 31 décembre et qu’il prévoyait rester jusqu’à la mi-mars, avant de rentrer à Toronto.

Le Dr Rubinoff a ajouté qu’il portait un masque «constamment» et avait très peu de contacts avec qui que ce soit au Mexique, ce qui le distinguait des touristes des stations balnéaires voisines. «Nous ne sommes pas pareils», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il avait une résidence permanente au Mexique.

M. Rubinoff pensait que les plus récentes règles entourant les voyages visaient principalement à empêcher les vacances pendant la semaine de relâche de février ou de mars, tandis que les «snowbirds» devraient être reconnus comme un groupe distinct.

Denise Dumont, qui vit à temps plein à Fort Lauderdale, en Floride, fait écho à M. Rubinoff, estimant que les «snowbirds» ne se comportent pas «comme des voyageurs réguliers».

«Je ne pense pas qu’il soit juste de les traiter comme de simples voyageurs qui partiront pour des vacances de deux semaines dans un tout-inclus au Mexique», a déclaré Mme Dumont, rédactrice en chef du «Soleil de la Floride», une source de nouvelles en ligne pour les Québécois dans cet État.

Mme Dumont aimerait que les «snowbirds» revenant au Canada avec un test de COVID-19 négatif et une preuve qu’ils ont été vaccinés contre la maladie puissent rentrer directement chez eux pour faire leur quarantaine, plutôt que de rester à l’hôtel.

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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