Des sociétés technologiques proposent de s’impliquer dans la reprise économique

OTTAWA — Un groupe d’entreprises du secteur des technologies propose au gouvernement fédéral d’aider les entreprises en démarrage à se développer dans le cadre du plan de reprise post-pandémique que préparent les libéraux, tandis que certains groupes féministes se sentent exclus du processus.

La proposition du Conseil canadien des innovateurs (CCI) demande aux libéraux d’éviter les outils traditionnels de reprise, comme les dépenses de construction massives, pour plutôt privilégier des mesures qui permettraient de combler les lacunes de l’économie du savoir.

Ce type de stratégie comprendrait des programmes de formation pour aider les travailleurs à améliorer leurs compétences et à se diriger vers des industries à forte croissance pour répondre aux nouvelles demandes de main-d’oeuvre.

Selon le directeur général du CCI, Ben Bergen, aucune de ces idées n’est difficile, mais leur mise en œuvre nécessiterait de repenser la politique publique traditionnelle, qui a été mise à l’épreuve par une crise économique non traditionnelle.

«Il s’agit d’une approche pragmatique pour que le Canada s’engage dans une stratégie de prospérité qui nous aidera à sortir de la crise dans laquelle nous nous trouvons (…), mais aussi à nous propulser dans le XXIe siècle pour pouvoir être réellement concurrentiels», a fait valoir M. Bergen, dont le groupe représente 120 des entreprises technologiques à la croissance la plus rapide au Canada, de Ceridian à Skip the Dishes.

En vue du discours du Trône

La proposition fait partie de plusieurs autres faites aux fonctionnaires et aux politiciens, à l’approche du discours du Trône prévu plus tard ce mois-ci. Pour les libéraux, l’objectif est de présenter les grandes lignes d’un plan de reprise qui devrait notamment insister sur une économie plus verte.

Un réseau de professionnels de la santé a soutenu une proposition visant à créer près de 500 000 emplois dans la construction et les services sociaux au cours des 10 prochaines années, grâce à des dépenses en logement à prix modique.

Le Congrès du travail du Canada et des groupes d’entreprises ont souligné que toute reprise économique devait avoir pour objectif d’aider les Canadiens à retrouver un travail décent.

Une reprise féministe

Certains groupes réclament également des milliards de dollars de plus en dépenses annuelles pour les services de garde d’enfants, pour aider les femmes à réintégrer le marché du travail, pour améliorer les conditions et les salaires dans les établissements de soins de longue durée et pour revoir le système d’assurance-emploi afin que les gens qui n’ont pas d’emplois traditionnels puissent y participer.

Diana Sarosi, d’Oxfam Canada, a affirmé que tout plan de relance devait prendre en compte les impacts économiques disproportionnés de la pandémie de COVID-19 sur les femmes, qui ont vu leur nombre d’emplois baisser plus rapidement que les hommes, et leur retour au travail se dérouler plus lentement.

Pour avoir une reprise féministe, il faut s’attarder aux industries qui dépendent du travail des femmes, comme les soins de longue durée, qui ne sont pas valorisés, ce qui entraîne un manque d’investissement, a-t-elle expliqué.

«Il n’est pas possible (…) que nous voulions que toutes les femmes quittent leur emploi pour occuper d’autres emplois», a affirmé Mme Sarosi, «mais il faut comprendre qu’il existe différents secteurs qui sont déjà verts et font partie des emplois d’avenir qui ne seront pas automatisés et ne deviendront pas obsolètes.»

Ces derniers jours, des groupes féministes ont exprimé leur frustration de ne pas avoir été en mesure de discuter avec le gouvernement depuis que la pandémie a frappé, a expliqué Mme Sarosi.

«Et il y a une réelle frustration, qui explique pourquoi les programmes et les initiatives de reprise ne sont pas aussi féministes et sensibles au genre qu’elles pourraient l’être», a-t-elle souligné.

Le gouvernement a promis de présenter une mise à jour des dépenses ou un budget complet cet automne, après avoir projeté début juillet un déficit de 343,2 milliards $. Ce chiffre va probablement augmenter, car les libéraux ont annoncé depuis de nouvelles dépenses totalisant des dizaines de milliards de dollars supplémentaires.

Revenu de base

Mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué que l’idée de fournir aux Canadiens un revenu de base faisait partie des discussions au sujet du plan de relance.

Un groupe de 50 sénateurs a appelé à la création d’un revenu minimum garanti, qui est essentiellement une somme d’argent accordée sans condition pour les particuliers et qui remplacerait généralement une myriade de programmes d’aide ciblés.

M. Trudeau a indiqué que les éléments d’un tel programme existaient, évoquant l’allocation canadienne pour enfants et la prestation canadienne d’urgence, qui a versé 71,25 milliards $ à 8,66 millions de personnes depuis le début de la pandémie.

«Nous commençons à relancer l’économie et nous essayons de ramener les gens au travail», a affirmé M. Trudeau lors d’une entrevue à la radio, à l’émission The Harjinder Thind Show de RED FM.

«Mais nous allons devoir nous assurer qu’à chaque étape du processus, nous assurons la sécurité des gens et reconstruisons notre économie de la bonne manière. Et cela signifie que nous allons parler de beaucoup de choses différentes, y compris le revenu de base universel.»

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