Des soldats canadiens ont évacué des militaires français blessés au Mali

OTTAWA — Les Casques bleus canadiens ont été appelés à évacuer plusieurs soldats français blessés au Mali, plus tôt ce mois-ci, après que leur patrouille eut été prise dans une embuscade alors qu’ils cherchaient des insurgés le long de la frontière avec le Niger.

Cet incident, qui n’avait pas été signalé auparavant, est le premier dans lequel les Canadiens sont sollicités pour aider les forces non onusiennes au Mali, où les Français mènent des opérations militaires contre l’insurrection armée depuis 2014.

Les Forces armées canadiennes disposent de huit hélicoptères et de 250 militaires au Mali, où elles ont procédé à des évacuations médicales d’urgence et transporté des troupes et du matériel sur une vaste étendue de ce pays africain isolé.

Les Canadiens ont procédé à sept autres évacuations médicales depuis le mois d’août, mais elles impliquaient seulement des soldats et des travailleurs de l’ONU blessés.

En entrevue avec La Presse canadienne, le commandant de la Force opérationnelle du Canada au Mali a déclaré que les Nations unies et la France avaient convenu de s’entraider dans des circonstances extrêmes et que les Casques bleus faisaient leur travail en contribuant à sauver des vies.

Il ne faudrait toutefois pas conclure que le Canada soutient les efforts de lutte contre le terrorisme au Mali, selon le colonel Travis Morehen.

«En ce moment, il s’agit vraiment de sauver des vies alliées», a-t-il indiqué.

La nouvelle de l’évacuation française survient alors que le gouvernement fédéral étudie une demande officielle de l’ONU pour prolonger sa mission de maintien de la paix au Mali, qui devait se terminer à la fin du mois de juillet.

La France compte environ 3000 soldats lourdement armés au Mali et dans la région, qui recherchent des militants liés à Al-Qaïda, à Daech (le groupe armé État islamique) et à d’autres groupes extrémistes dans le cadre de l’opération «Barkhane» au Sahel et au Sahara. Bien que l’opération française ait contribué à déséquilibrer les nombreux groupes extrémistes islamiques au Mali, elle a également été accusée de contribuer à l’instabilité dans la région.

Piégés dans une embuscade 

Selon certains médias, une patrouille française était près de la frontière entre le Mali et le Niger, le 10 mars dernier, lorsqu’elle a été prise dans une embuscade par un véhicule chargé d’explosifs et un groupe d’insurgés à moto. Quinze soldats français auraient été blessés, dont deux grièvement, avant la fuite des insurgés.

Les Canadiens ont appris l’existence de l’attaque quand un officier français du camp de l’opération Barkhane à Gao les a informés, ajoutant qu’une évacuation médicale d’urgence pourrait être nécessaire, a relaté M. Morehen.

Selon lui, trois hélicoptères canadiens ont été rapidement déployés avec l’approbation du commandant de la mission de l’ONU à Bamako. Ils sont arrivés sur les lieux environ deux heures plus tard, alors que les combats étaient terminés.

En raison de la distance, les deux plus petits Griffon ont été redirigés vers une ville voisine pour faire le plein, tandis que le plus gros Chinook, configuré comme un hôpital volant, a regagné Gao seul avec les soldats français blessés.

«Cela augmente le risque, a reconnu M. Morehen. Mais nous avons considéré le besoin de renvoyer les blessés dans des centres médicaux le plus rapidement possible.»

«Bonne relation de travail»

La mission française de lutte contre le terrorisme est largement indépendante de la mission de maintien de la paix des Nations unies au Mali, mais M. Morehen affirme qu’il existe une bonne relation de travail entre les deux.

Les Français fournissent notamment des services de contrôle du trafic aérien à l’ONU autour de Gao, la ville du nord du Mali qui abrite plusieurs bases militaires, dont une appartenant à Barkhane et une autre où se trouvent les Canadiens.

Les Français possèdent également un hôpital plus performant que celui de l’ONU, a expliqué M. Morehen. C’est pourquoi les Canadiens finissent souvent par amener tous les Casques bleus blessés au camp de Barkhane.

«Alors nos pilotes vont là-bas et s’assurent que nos procédures de vol sont correctes et nous avons également un arrangement technique avec eux pour le soutien médical», a déclaré M. Morehen.

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