Des sourires d’enfants et des records concluent le Festival Go vélo à Montréal

MONTRÉAL — Le Tour de l’Île de Montréal a réuni dimanche 19 000 cyclistes, qui ont pu profiter d’une belle météo pour pédaler ensemble dans la métropole, après deux ans de pandémie.

Pour cette 37e édition, une boucle de 36 kilomètres traversait plusieurs arrondissements, de Verdun au Plateau-Mont-Royal, en passant par Outremont, ce qui a permis aux participants de découvrir leur ville d’un autre point de vue, les rues étant fermées à la circulation automobile. 

La grande messe du vélo n’avait pas eu lieu en 2020 et avait dû limiter le nombre de participants à 9000 en 2021. Elle se tenait donc pour la première fois à capacité maximale depuis le début de la pandémie. 

Le Tour la Nuit, dont la 23e édition s’est déroulée vendredi soir, a attiré plus de 18 000 personnes, un record selon le président-directeur général de Vélo Québec, Jean-François Rheault, dont l’organisation réalise ces événements. Le précédent record était de 17 000 participants, en 2014. 

«Dans un contexte où il est possible que ça change, dès l’automne dernier, on travaillait sur différents scénarios avec des plans A, B, C. Et, heureusement, c’est notre plan A qui s’est réalisé, souligne M. Rheault. C’est vraiment très populaire, donc je dirais qu’on a planifié pour le pire et c’est le mieux qui est arrivé.» 

Pour le président-directeur général de Vélo Québec, qui qualifie la journée comme l’un des plus grands événements cyclables en Amérique du Nord, il s’agit autant d’une célébration pour les cyclistes expérimentés que d’une occasion de rouler dans la ville en toute sécurité pour les débutants. Ces derniers peuvent ainsi s’approprier de plus longues distances. 

«Découvrir une ville sur un vélo dans le milieu de la rue (permet d’avoir) une perspective différente, on voit les immeubles de façon différente, donc c’est vraiment un fantastique, ajoute-t-il. Les gens découvrent de nouveaux quartiers. Le Tour de l’Île passe dans le nouveau campus MIL de l’Université de Montréal et j’ai entendu plusieurs personnes dire “Waouh, c’est quoi ce nouveau quartier ?”»

De cet événement qui clôturait le Festival Go vélo Montréal, M. Rheault retient les sourires d’enfants, qui «peuvent prendre possession de la ville», et la fierté dans leurs yeux d’avoir parcouru 36 kilomètres, souvent pour la première fois. 

Environ 20 % des participants au Tour de l’Île, dimanche, avaient moins de 18 ans. 

Une participante a d’ailleurs témoigné être «impressionnée par tous les enfants présents, parce qu’il y avait quand même quelques belles côtes» à monter. La Montréalaise Muriel Julien participait pour la première fois à l’événement avec son conjoint et ses deux enfants. L’aîné, âgé de trois ans et demi, a pédalé une partie du parcours, avant de le finir le circuit dans le chariot avec sa petite sœur. 

Très satisfaite de l’événement, la famille compte réitérer l’expérience l’année prochaine, peut-être pour le Tour la Nuit. 

La mobilité active à l’honneur

En plus du populaire Tour de l’Île et du Tour la Nuit, le Festival Go vélo Montréal inclut le Défi métropolitain, auquel 2700 cyclistes ont participé le 29 mai, ainsi que des célébrations du vélo-boulot, afin de mettre de l’avant les transports actifs. 

Pour la première fois, la Journée vélo-boulot s’est déroulée à Longueuil, à la demande de la ville, mardi dernier. Cet événement était principalement célébré à Montréal auparavant, selon M. Rheault. 

«L’événement à Longueuil a été très populaire, commente-t-il. Tout ça, pour moi, témoigne un peu que cette culture vélo commence à s’étendre de plus en plus en dehors de Montréal. C’est une bonne nouvelle, car le vélo n’est pas seulement une solution de centre urbain, mais aussi pour les banlieues et les villes de taille moyenne.»

D’ailleurs, selon M. Rheault, les élections municipales de l’an dernier ont amené «un souffle fort sur la mobilité active» au Québec, avec un intérêt pour les aménagements pour les piétons et les cyclistes. 

La principale barrière pour développer la pratique du vélo demeure le manque d’aménagements, complète-t-il. 

«Dans l’“État du vélo au Québec” qu’on a lancé l’année dernière, 7 Québécois sur 10 espéraient voir le réseau cyclable de leur municipalité s’étendre. Donc, je pense que les organisations municipales ont vraiment une opportunité de suivre cette vague-là et de développer le réseau cyclable. Les gens ont envie de ça. Ils ont aussi besoin de ça pour intégrer plus de vélo dans leur quotidien.» 

L’intérêt pour des déplacements à vélo de manière sécuritaire, comme lors du Tour de l’Île, pourrait donc se refléter dans le quotidien, grâce à des infrastructures cyclables sécuritaires, conclut le président-directeur général de Vélo Québec.

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