Des survivants insatisfaits de l’entente sur la «rafle des années 1960»

OTTAWA — Des victimes de la «rafle des années 1960» s’organisent pour informer les survivants et tenter de les convaincre de rejeter l’entente de principe intervenue pour régler à l’amiable des actions collectives.

Le Réseau national des survivants autochtones de l’aide à l’enfance tenait lundi à Ottawa une session d’information sur l’entente de 800 millions $ annoncée en octobre — mais qui n’a pas encore été approuvée par un tribunal. Pour Colleen Cardinal, cofondatrice de l’organisme, il est important que cette information soit donnée aux survivants par des survivants. Selon elle, le gouvernement fédéral ne s’assurera pas que chacun des survivants connaisse bien ses droits.

Dans le cadre de cette «rafle des années 1960», commencée dès les années 1950, des milliers d’enfants autochtones ont été arrachés à leurs parents et confiés à des familles allochtones. En vertu de l’entente de principe conclue pour régler plusieurs actions collectives, Ottawa propose de verser de 20 000 $ à 50 000 $ à chacun des survivants — en fonction du nombre total de requérants.

Mme Cardinal déplore que le gouvernement fédéral ne connaisse même pas le nombre de requérants, ce qui fait que les victimes ne savent même pas combien elles recevront exactement.

Ottawa offre aussi 50 millions $ pour une fondation de soutien, et 75 millions $ pour les honoraires de quatre cabinets d’avocats.

Selon Mme Cardinal, le gouvernement fédéral aurait dû d’abord demander aux survivants ce qu’ils souhaitaient obtenir. Elle déplore aussi le plafond de 750 millions $ fixé aux indemnités totales, et l’exclusion des Métis de l’entente.

Au cabinet de la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, on rappelle que cette entente de principe constitue un premier pas et que le gouvernement est disposé à négocier pour résoudre tout litige, notamment avec les Métis et les Indiens non inscrits.

La Cour supérieure de l’Ontario entendra les parties à Saskatoon et à Toronto, en mai, avant de décider si l’entente de principe doit être approuvée.

Mme Cardinal et d’autres militants préviennent par ailleurs les survivants de se méfier d’avocats qui auraient offert leurs services pour évaluer l’entente, en échange d’honoraires exorbitants.

Le Réseau national des survivants autochtones de l’aide à l’enfance, fondé en 2014, compterait 300 membres, mais selon Mme Cardinal, il pourrait rejoindre des milliers de survivants en ligne, par son service téléphonique sans frais et par ses rencontres de groupe.