Des syndicats manifestent devant la basilique Notre-Dame pour dénoncer leur employeur

MONTRÉAL — Les syndicats de travailleurs et d’employés de la basilique Notre-Dame et du cimetière Notre-Dame-des-Neiges se sont réunis devant la basilique Notre-Dame, à Montréal, samedi, pour dénoncer leur employeur qui, selon eux, a «profité de la pandémie» pour abolir des postes.

Les trois syndicats, qui sont affilés à la Centrale des syndicats nationaux (CSN) estiment que la Fabrique Notre-Dame a éliminé des postes «pourtant essentiels à son fonctionnement».

Hélène Godin, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Fabrique Notre-Dame–CSN, souligne que l’employeur a aboli 70 % des postes «alors que la réouverture éventuelle de la basilique ne fait aucun doute».

Selon le syndicat, les employés sont mis à pied depuis le 13 mars 2020 et ils «demeurent dans l’obscurité totale quant à (leur) avenir». Depuis le début de la pandémie, la basilique est ouverte pour les messes, mais pas les visites.

«Cet été, on sait qu’il y a eu un engouement pour le tourisme local, on sait que les gens ont voulu visiter leurs attractions, mais les gens ne pouvaient pas venir visiter Notre-Dame», a regretté Mme Godin en entrevue.

«Nous on était prêts en tant que syndicat à faire des exceptions, puis de dire: « Oui on va rentrer, moins longtemps ». On s’est fait tasser du revers de la main.»

Quant à l’abolition des postes, selon elle, il serait tout simplement impossible pour la basilique de fonctionner sans ces employés. Par exemple, le poste de guide touristique a été aboli, alors que c’est lui qui doit accueillir les visiteurs.

«Ils ont aboli le poste de sacristine, ça c’est la madame ou le monsieur qui s’occupe de laver les robes des prêtres. Il faut que quelqu’un les lave ces vêtements-là», a-t-elle souligné.

Au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, les employés déplorent la suppression de six postes de conseillers en préarrangements funéraires «au plus mauvais moment qu’il aurait pu choisir». 

Les travailleurs du cimetière, eux, disent ne pas avoir été rappelés par l’employeur de mars à juillet — dans un contexte où «ils avaient été reconnus en tant que travailleurs prioritaires et que leurs salaires étaient payés à 50 % par le gouvernement».

«Alors que la COVID nous rend déjà la tâche difficile, notre propre employeur déstabilise notre milieu de travail, ce qui compromet notre capacité à soutenir les familles endeuillées dans cette étape importante de leur processus de deuil», a déploré dans un communiqué Éric Dufault, président du Syndicat des employées et employés de bureau du Cimetière Notre-Dame-des-Neiges–CSN.

Difficultés financières

La Presse Canadienne a tenté de joindre la Fabrique Notre-Dame, sans succès.

En juin dernier, le directeur général de la Fabrique Notre-Dame, Jean-Charles Boily et la directrice de la basilique Notre-Dame, Claudia Morissette avaient interpellé dans une lettre les gouvernements pour l’aider à assumer les coûts de travaux de réfection de la basilique estimés à 30 millions $, avait rapporté «La Presse».

Dans leur lettre consultée par le quotidien, ils affirmaient que les besoins financiers de la basilique avaient été «exacerbés» par la pandémie.

Ils ont écrit que l’aide financière des gouvernements est «indispensable pour assurer (la) survie (de la basilique) à court terme», selon la lettre citée par «La Presse».

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