Des témoins racontent comment le tueur de la Nouvelle-Écosse s’est présenté chez eux

HALIFAX — Des détails terrifiants sur le moment où le tueur du mois d’avril en Nouvelle-Écosse s’est présenté chez un couple qu’il connaissait ont émergé des documents de la Gendarmerie royale du Canada publiés cette semaine. 

Une déclaration partiellement expurgée d’un témoin décrit comment le tireur, qui avait alors déjà tué plus d’une douzaine de personnes, s’est présenté au domicile du couple tôt le 19 avril, habillé comme un policier et conduisant une voiture qui ressemblait en tous points aux véhicules de patrouille de la GRC.

Mais les témoins de Glenholme, en Nouvelle-Écosse, ont déclaré à la police qu’ils se doutaient de ce qui se passait lorsque Gabriel Wortman s’est présenté à leur porte.

Selon la déclaration, le couple connaissait le tueur et s’était déjà rendu en visite à son domicile à Portapique. La nuit précédente, quelqu’un les avait appelés pour les avertir de garder leurs portes verrouillées car quelque chose de terrible s’était produit dans la petite communauté située à 18 kilomètres de là.

De plus, le couple savait que Gabriel Wortman possédait une ancienne voiture de police.

La déclaration, qui n’identifie aucun des témoins, indique que tôt le 19 avril, le couple a décidé d’appeler le 911 pour avertir la police de ses préoccupations.

Environ 15 minutes plus tard, alors que le couple découvrait sur les réseaux sociaux que Gabriel Wortman était le principal suspect de la tuerie, «une voiture de police est entrée dans l’allée».

L’un d’eux a reconnu le suspect et a de nouveau appelé le 911.

«(Le témoin) pouvait entendre un hélicoptère à proximité et envoyait des textos aux gens (…) pendant que le tireur était là», peut-on lire dans la déclaration.

«(La témoin) a entendu la sonnette et son chien aboyer, puis son chien a cessé d’aboyer. Elle a pensé que Gabriel était entré dans la maison parce que le chien n’arrête généralement pas d’aboyer (…) (La témoin) a alors entendu frapper dans une fenêtre.»

La déclaration prend alors une tournure troublante: l’un des témoins raconte qu’il peut entendre quelqu’un, vraisemblablement le suspect, qui tente de le duper en lui faisant croire qu’il est un policier participant à la chasse à l’homme, et qui dit: «Sors avec les mains en l’air, Gabriel! Sors avec les mains en l’air!»

Le reste de la déclaration est difficile à interpréter, car une grande partie du contenu est caviardé.

Le fait que le tueur se soit brièvement arrêté à une résidence Glenholme le 19 avril a été confirmé par la GRC au début de son enquête. Mais les détails de ce qui s’est passé n’ont été révélés que mercredi, lorsqu’un juge de la cour provinciale a ordonné le dévoilement de certaines parties des documents de la GRC.

Les agents de la GRC ont confirmé que dans la nuit du 18 avril, le tueur avait incendié plusieurs maisons et tué 13 personnes à Portapique avant d’échapper à la police plus tard dans la nuit alors qu’il était déguisé en agent de la GRC. Le lendemain matin, il a recommencé à tuer des gens qu’il connaissait et d’autres au hasard avant d’être abattu par un policier dans une station-service à Enfield, juste au nord d’Halifax. Le tueur a parcouru plus de 100 kilomètres pendant les 13 heures qu’a duré sa funeste cavale.

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