Des urgences ferment en Ontario, faute de main-d’oeuvre

TORONTO — Les récentes fermetures temporaires de deux salles d’urgence en Ontario et la consolidation du personnel dans une autre ont ravivé les inquiétudes concernant la pénurie de travailleurs de la santé dans la province, les médecins et les infirmières demandant au gouvernement de s’attaquer au problème.

Un hôpital de Clinton a temporairement fermé son service des urgences du samedi au lundi et un hôpital de Kingston a réduit les heures d’ouverture de son centre de soins d’urgence au cours du week-end pour consolider le personnel de son urgence, les deux établissements citant des pénuries de médecins et d’infirmières pour expliquer la décision.

À Perth, le site local du Perth & Smiths Falls District Hospital a fermé sa salle d’urgence samedi et prévoyait la garder fermée jusqu’à jeudi alors que le personnel déjà épuisé fait face à une éclosion de COVID-19.

«C’est sans précédent pour notre communauté», a déclaré le Dr Alan Drummond, médecin urgentiste à l’hôpital de Perth, dans une entrevue.

«Il y a cette tempête parfaite qui descend sur nous, qui augmente le nombre de patients malades avec des ressources décroissantes pour répondre.»

L’hôpital de Perth a vu ses infirmières aux urgences passer de quinze à cinq au cours des derniers mois, a déclaré M. Drummond, qui est également coprésident des affaires publiques de l’Association canadienne des médecins d’urgence.

Lorsque deux infirmières ont récemment contracté la COVID-19, les urgences de Perth ont été contraintes de fermer temporairement, a-t-il déclaré. Les administrateurs ont indiqué la semaine dernière que l’hôpital était en «crise de personnel».

L’Ontario est aux prises avec des pénuries de main-d’œuvre dans le domaine de la santé alors que les travailleurs quittent complètement les rôles hospitaliers ou leur profession après plus de deux années exténuantes en première ligne de la pandémie, affirment des organisations représentant les infirmières, les médecins et les hôpitaux publics de la province.

«La pénurie de personnel est (liée à) l’épuisement professionnel et les départs», a déclaré la présidente de l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario, Cathryn Hoy.

«Mais la raison pour laquelle ils s’épuisent, c’est parce qu’ils viennent pour un quart de travail de huit ou 12 heures et qu’ils restent 16 heures. Parfois, ils restent 24 heures.»

Mme Hoy a déclaré qu’elle avait entendu des infirmières qui avaient signalé que des salles d’urgence étaient temporairement dotées d’une seule infirmière pour couvrir 30 patients, que certains hôpitaux avaient des dizaines de postes d’urgence non pourvus et que des patients étaient soignés dans les couloirs.

«Une infirmière ne peut pas être partout», a-t-elle déclaré.

Un porte-parole du ministère de la Santé de l’Ontario a déclaré que la province s’efforçait de renforcer la capacité de la main-d’œuvre, notamment avec des primes de rétention forfaitaires et des fonds pour recruter des infirmières dans des régions cibles de la province.

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