Des vétérans plaident que la marijuana coûte moins cher que les médicaments

OTTAWA – Un organisme défendant les droits des vétérans affirme que le dernier rapport du vérificateur général du Canada, Michael Ferguson, ne tient pas compte de l’aspect le plus important de la hausse de l’utilisation de la marijuana médicinale par les anciens combattants pour traiter des problèmes de santé comme l’état de stress post-traumatique.

Clayton Goodwin, qui fait partie de la Veterans Accountability Commission, a déclaré que le rapport de la semaine dernière se concentrait trop sur l’augmentation des coûts du programme et pas assez sur les bénéfices que les patients peuvent retirer en passant des médicaments à la mari médicinale.

Il a soutenu que la baisse de la consommation de médicaments sur ordonnance générait des économies et qu’il aurait préféré que le rapport analyse cet aspect.

«Dans son rapport, le vérificateur général omet plus ou moins les faits, a indiqué M. Goodwin lors d’un événement à la colline parlementaire, lundi. Il aborde la question en parlant des coûts liés à la marijuana. Il ne dit rien sur les coûts liés aux produits pharmaceutiques.»

Les vétérans qui participent au programme auraient dû être interviewés ou au moins consultés au sujet des changements survenus sur le plan de leur qualité de vie après avoir opté pour la marijuana médicinale dans le cadre de leur thérapie, a-t-il ajouté.

«Selon les renseignements que j’ai recueillis en discutant avec les membres de la communauté, la consommation des médicaments sur ordonnance a diminué de 80 pour cent», a précisé Clayton Goodwin.

Il aurait cependant été difficile pour le vérificateur général d’évaluer l’information évoquée par M. Goodwin, parce que l’audit a révélé que le ministère des Anciens Combattants n’était pas très efficace pour surveiller la consommation des médicaments sur ordonnance.

Selon l’audit, le ministère ne dispose pas d’un «processus adéquat pour prendre des décisions fondées sur des éléments probants concernant sa liste de médicaments couverts».

Le comité qui supervise les décisions n’a pas été en mesure de démontrer qu’il avait pris en considération «les besoins des vétérans, les pratiques et les politiques en vigueur en matière de santé, les résultats des recherches cliniques et le rapport coût-efficacité des médicaments» lors de l’élaboration de la liste des médicaments couverts.

Le rapport de M. Ferguson exhorte le gouvernement de Justin Trudeau à prendre en main le programme de mari médicinale pour les ex-soldats blessés, qui devrait coûter 25 millions $ aux contribuables cette année.

Le vérificateur général dépeint un programme hors de contrôle et souligne que le ministère des Anciens Combattants a reconnu il y a des années la nécessité de mettre un frein aux excès en imposant une limite au montant que le gouvernement était prêt à payer par gramme, quelque chose qu’Ottawa n’a pas encore fait.

Il y a trois ans, 112 vétérans prenaient de la marijuana médicinale au coût de 408 000 $ par année. À la fin de décembre 2015, 1320 anciens combattants se soignaient avec la mari pour une facture annuelle de 12,1 millions $.

Le gouvernement Trudeau a accepté le rapport de Michael Ferguson et le ministre des Anciens Combattants, Kent Hehr, a annoncé que le programme serait passé en revue.