Des victimes de la «rafle des années 1960» rejettent l’offre d’Ottawa

OTTAWA — Un regroupement national d’Autochtones survivants de la «rafle des années 1960» estime que la compensation de 800 millions $ offerte par le gouvernement fédéral est insuffisante.

Duane Morrisseau-Beck, du Réseau national des Autochtones survivants de l’aide à la petite enfance, estime qu’Ottawa aurait dû consulter davantage les victimes avant d’annoncer son programme d’indemnisations, en octobre dernier. «Nous méritons d’être entendus, a soutenu vendredi M. Morrisseau-Beck. Nous estimons que cette entente n’est ni juste, ni raisonnable, et qu’elle ne sert pas les intérêts supérieurs des survivants.»

Le regroupement dénonce aussi le fait que les Métis soient exclus de l’entente annoncée en octobre, tout comme les Indiens sans statut — ou ceux qui ne pourraient pas le prouver aujourd’hui.

Des milliers d’enfants autochtones avaient été arrachés de leur famille par des travailleurs sociaux et confiés à des familles d’accueil allochtones pendant les années 1960 au Canada, une politique publique qui les avait dépouillés de leur culture, de leur langue maternelle et de leurs coutumes.

L’entente de principe prévoit jusqu’à 750 millions $ en indemnisations directes pour les survivants ayant le statut d’Autochtone ou d’Inuit, et 50 millions $ pour créer une fondation vouée au processus de guérison des Autochtones. L’entente, annoncée le 6 octobre par la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, visait à régler à l’amiable 18 procédures intentées contre Ottawa relativement à cette «rafle des années 1960».

Une des survivantes, Lesley Parlane, estime que le gouvernement fédéral aurait au moins dû recenser adéquatement tous les Autochtones qui ont été touchés par cette «rafle des années 1960». Elle qualifie l’attitude d’Ottawa d’irresponsable et de condescendante. «Comment peut-on parler de réconciliation alors que ma voix et celle de tant d’autres ne sont pas entendues?»

Le regroupement national prévoit organiser des manifestations un peu partout au Canada le 16 mars prochain, afin d’exiger pour toutes les victimes un nouveau programme d’indemnisations plus juste.

Sabrina Williams, une porte-parole de la ministre Bennett, a précisé vendredi que l’entente constituait une première étape dans ce processus, et qu’Ottawa était disposé à s’occuper de toutes les victimes de la «rafle des années 1960», y compris les Métis et les Indiens sans statut. «Le gouvernement souhaite travailler de concert avec toutes les parties — les provinces, les territoires, les représentants des Métis, les plaignants et leurs avocats — pour résoudre à l’amiable ce litige», a-t-elle écrit dans un courriel à La Presse canadienne.

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