Descentes policières dans des boutiques de «Cannabis Culture»

MONTRÉAL – Six des huit boutiques montréalaises de «Cannabis Culture» ont fait l’objet de descentes du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), vendredi, soit le lendemain de leur ouverture illégale.

Le SPVM affirme avoir effectué dix arrestations, tandis que les perquisitions se poursuivaient toujours en début de soirée.

Le commandant des Services partagés enquêtes de la Division Nord, Stephen Verissimo, rapporte la saisie de plus de 40 livres de marijuana, d’argent et d’équipement servant au trafic de ce stupéfiant.

Plus tôt vendredi, la copropriétaire de «Cannabis Culture», Jodie Emery, avait signalé sur les réseaux sociaux que son conjoint Marc, le soi-disant «prince du pot», avait été arrêté lors de ces descentes.

Le couple de militants promarijuana avait inauguré six franchises montréalaises la veille, soutenant que leur démarche s’inscrit dans un esprit de désobéissance civile. En conférence de presse, Mme Emery avait alors exhorté les autorités à tolérer ses boutiques.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a réagi sur Twitter, leur reprochant d’avoir fait un « »stunt » inutile».

«Plus pertinent de mettre vos énergies sur (le) processus législatif pour la légalisation (de) la marijuana. Respectez la loi», a tranché le maire.

Selon la politique de l’entreprise, tout client âgé de 19 ans ou plus peut y acheter de la marijuana sans carte de membre, ni ordonnance médicale.

«La possession simple est illégale également, sauf que l’opération ne visait pas les clients en tant que tel», a exposé le commandant Verissimo.

«Mais l’enquête n’est pas terminée et il est possible qu’il y ait des accusations additionnelles qui soient déposées», a-t-il ajouté.

Le SPVM a expliqué le délai de son intervention par la nécessité d’obtenir des mandats pour effectuer ces descentes.

Seules six des huit points de vente montréalais sous la bannière «Cannabis Culture» ont été ciblés par les policiers, puisque les deux autres n’ont jamais ouvert leurs portes.

Ce type de commerces émerge au pays au moment où Ottawa prépare pour le printemps prochain un projet de loi afin de légaliser le cannabis à des fins récréatives.

En 2010, Marc Emery avait été extradé aux États-Unis pour avoir vendu par la poste des semences de marijuana. Il avait plaidé coupable et été condamné à cinq ans de prison.

Les enquêteurs détermineront après leurs interrogatoires s’ils détiendront les dix personnes arrêtées pour trafic de stupéfiant ou possession à des fins de trafic jusqu’à leur comparution.

Le commandant Verissimo ne rapporte pas de résistance au moment des arrestations, et souligne que l’intervention menée par plusieurs dizaines policiers découle notamment de «plaintes», dont il n’a pas voulu dévoiler l’origine.

«Au moment où on se parle, la possession et la vente de marijuana sont illégales au Canada, qu’on ait un permis ou pas (pour opérer un magasin)», a-t-il martelé.