Desmond: une vidéo prise deux heures avant le drame est montrée à l’enquête

GUYSBOROUGH, N.-É. — Deux heures seulement avant que Lionel Desmond n’utilise une carabine pour tuer trois membres de sa famille et s’enlever la vie, l’ancien soldat semblait être attentif et cohérent lorsqu’il a acheté l’arme dans un magasin d’articles de sport dans l’est de la Nouvelle-Écosse.

Les membres de la commission d’enquête publique, qui tenaient mercredi un septième jour d’audiences, ont visionné une vidéo de surveillance silencieuse de 20 minutes enregistrée au magasin Leaves and Limbs Sports à Antigonish, le 3 janvier 2017, vers 16 h.

«Il semblait calme et posé», a affirmé le docteur Faisal Rahman, psychiatre principal à l’hôpital régional St. Martha à Antigonish, en voyant la vidéo.

Deux heures plus tard, le caporal à la retraite souffrant de troubles mentaux a utilisé une carabine pour tuer sa mère, sa femme et sa fille de 10 ans dans la maison familiale à Upper Big Tracadie.

Le commissaire qui supervise l’enquête, le juge Warren Zimmer, a demandé que la vidéo soit montrée afin que le psychiatre évalue le comportement et les actions de M. Desmond pour voir s’il présentait des signes de psychose ou d’agitation.

Le docteur Rahman est une figure clé de l’enquête: c’est lui qui a procédé à l’évaluation clinique de M. Desmond à son arrivée à l’hôpital le 1er janvier 2017 — deux jours avant les meurtres. L’homme disait être en détresse après s’être disputé avec sa femme Shanna la nuit précédente.

Plus tôt cette semaine, le docteur Rahman a déclaré que M. Desmond était agréable, disponible, calme et ne montrait aucun signe de psychose ni de pensées suicidaires ou homicidaires lors d’un entretien de 30 à 40 minutes.

Cependant, il a dit que M. Desmond avait admis que la dispute faisait partie d’un schéma de conflit de longue date avec sa femme, qui avait inclus des appels à la police dans le passé.

Syndrome de stress post-traumatique

M. Rahman a déclaré qu’il était également conscient que M. Desmond avait reçu un diagnostic de syndrome de stress post-traumatique en 2011 après avoir servi dans l’armée lors d’une période particulièrement violente de la guerre en Afghanistan en 2007.

Tara Miller, l’avocate représentant la famille du vétéran, a affirmé à l’enquête que le docteur Rahman ignorait certains éléments à propos de M. Desmond au moment de l’entretien à l’hôpital, et elle a déclaré que le médecin avait fait face à des obstacles pour obtenir des informations sur son patient.

«Nous savons que, sur la base de votre entretien avec Lionel (Desmond), il semble qu’il ait minimisé ou rapporté incorrectement certaines choses à cette occasion», a déclaré Mme Miller à l’enquête.

Elle a soutenu que M. Desmond n’avait pas révélé qu’il avait utilisé son téléphone cellulaire le 1er janvier 2017 pour effectuer des recherches approfondies sur les armes à feu et qu’il détenait un permis d’armes à feu valide.

De plus, M. Desmond avait insisté sur le fait qu’il n’avait pas de pensées suicidaires, mais cela contrastait avec le rapport d’un conseiller du ministère des Anciens Combattants ayant déterminé qu’il avait récemment eu «des idées suicidaires fréquentes».

Le docteur Rahman a indiqué qu’il était difficile d’obtenir des documents médicaux du ministère des Anciens Combattants.