Destitution: le président Trump provoque la fureur en évoquant un «lynchage»

WASHINGTON — Le président Donald Trump a de nouveau provoqué l’indignation mardi en associant l’enquête de destitution menée par les démocrates à un lynchage, comparant les horreurs d’un chapitre meurtrier et raciste de l’histoire américaine à un processus prévu par la Constitution.

«C’est un mot qu’aucun président ne devrait appliquer à lui-même, a déclaré le représentant démocrate James Clyburn de la Caroline du Sud, l’Afro-Américain le plus haut gradé du Congrès. C’est un mot que nous devrions utiliser très très prudemment.»

Le représentant Bobby Rush, un démocrate de l’Illinois qui est lui aussi Noir, a appelé M. Trump à supprimer son message sur Twitter.

«Savez-vous combien de personnes qui me ressemblent ont été lynchées, depuis la création de ce pays, par des personnes qui vous ressemblent? Supprimez ce tweet», a écrit M. Rush.

Le sénateur Doug Jones, un démocrate de l’Alabama, a apostrophé M. Trump sur Twitter: «Ce n’est pas un lynchage, et vous devriez avoir honte d’invoquer un acte aussi horrible qui a été utilisé comme une arme pour terroriser et tuer des Afro-Américains.»

Des élus républicains ont tenté de détourner l’attention vers ce qu’ils estiment être la manière injuste dont les démocrates mènent l’enquête.

Le sénateur Lindsey Graham, un républicain de la Caroline du Sud, a estimé que la description de M. Trump était «assez précise». Il a qualifié la procédure de destitution de «simulacre» et de «plaisanterie», car le président ne connaît pas l’identité de son accusateur et les audiences se déroulent à huis clos.

«C’est un lynchage dans tous les sens», a renchéri M. Graham, qui est proche de M. Trump.

Le sénateur Tim Scott de la Caroline du Sud, le seul républicain noir au Sénat, s’est dit d’accord avec le sentiment de M. Trump, mais pas avec son choix de mots.

«Il ne fait aucun doute que le processus de destitution est la chose la plus rapprochée d’un procès passible d’une peine de mort politique, donc je comprends son rejet absolu du processus», a déclaré M. Scott. Il a ensuite ajouté: «Je n’utiliserais pas le mot lynchage.»

Le leader de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy de la Californie, qui est également proche de M. Trump, a quant à lui déclaré que «lynchage» n’est pas un terme qu’il aurait utilisé.

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a quant à lui estimé que le choix de mots du président était «déplorable».

«Compte tenu de l’histoire de notre pays, je ne comparerais pas ça à un lynchage», a dit M. McConnell.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Hogan Gidley, a expliqué que Donald Trump tentait de souligner la façon dont il avait été «attaqué» par les médias depuis son entrée en fonction.

«Le président ne compare pas ce qui lui est arrivé à l’un des moments les plus sombres de l’histoire américaine», a assuré M. Gidley.

Les lynchages, qui se traduisaient le plus souvent par des pendaisons, étaient principalement utilisés par des Blancs contre des hommes noirs, surtout dans le Sud, à partir de la fin du 19e siècle, alors que les tensions raciales s’intensifiaient. En comparant sa possible destitution à un lynchage, M. Trump a également comparé les démocrates à une foule voulant lyncher quelqu’un.

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