Deux Américaines manquent leur comparution devant le tribunal à Saint-Jean

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Des mandats d’arrestation ont été lancés contre deux Américaines qui ne se sont pas présentées devant le tribunal au moment de leur comparution prévue la semaine dernière à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador. Elles sont accusées d’avoir publié une fausse alerte à la bombe et des déclarations diffamatoires sur Twitter en juin.

Hepzibah Nanna, du Maryland, est une évangéliste autoproclamée et une prédicatrice sur le web. Sa compagne, Sharyn Richardson, provient quant à elle du Texas. Le duo ne s’est pas présenté en Cour provinciale, le 2 août, comme convenu après leur libération sous caution. Elles avaient été arrêtées le 14 juin.

Hepzibah Nanna est âgée de 29 ans, alors que Sharyn Richardson est âgée de 42 ans. Les deux femmes font l’objet d’accusations pour avoir déclenché une fausse alerte à la bombe sur Twitter dans l’intention d’alarmer les autorités de l’aéroport international de Saint-Jean.

Elles sont également accusées d’avoir publié des déclarations diffamatoires ainsi que d’entrave au travail d’un policier.

Hepzibah Nanna a publié plusieurs livres au sujet de sa religion et a déclaré en juin qu’elle était envoyée par Dieu en mission à Saint-Jean, qu’elle pratiquait un enseignement du culte dans la rue et qu’elle priait pour les personnes malades. Elle a soutenu que Mme Richardson était avec elle pour la protéger de ses prétendus ennemis.

Selon des documents publics du bureau du shérif du comté de Williamson, les deux femmes ont également été inculpées pour des infractions commises au Texas, à peine deux jours avant la date de leur comparution prévue à Terre-Neuve-et-Labrador.

Au Texas, les deux femmes ont été accusées d’avoir résisté à une arrestation, à une fouille ou à un transport. De plus, Mme Richardson a été accusée d’avoir violé une ordonnance conservatoire. Celle-ci a tout de même été libérée sous caution le 2 août et Hepzibah Nanna a pu recouvrer sa liberté le 4 août.

À la suite de leur arrestation à Terre-Neuve-et-Labrador, leurs conditions de remise en liberté sous caution incluaient des rendez-vous téléphoniques réguliers avec les policiers. Elles devaient demeurer loin de l’aéroport de Saint-Jean et des gens visés par les propos qualifiés de diffamatoires pour lesquels elles sont accusées.

Elles devaient également ne plus utiliser les réseaux sociaux.

La page Facebook de Hepzibah Nanna, maintenant désactivée, la présentait comme une évangéliste de l’éveil et une co-pasteur. En juin, sa page comptait environ 90 000 adeptes. Elle y diffusait des vidéos de célébrations religieuses en ligne suivies par quelques centaines d’auditeurs.

Lors de son passage à Saint-Jean, en juin, Hepzibah Nanna avait déclaré à La Presse canadienne que ses prêches et sa résistance contre le président américain Donald Trump étaient ses principales passions. Ses profils sur les réseaux sociaux traitaient fortement de ces deux thèmes. On y trouvait aussi de nombreuses théories conspirationnistes non fondées reliant M. Trump à la traite de personnes. Bon nombre de ces comptes personnels ne sont plus disponibles.

La page LinkedIn de la jeune femme indique toujours qu’elle pratique au sein du «Lion Triumphs Ministries». Le site web de cette organisation n’était pas accessible lundi, mais en juin il présentait Hepzibah Nanna à titre de fondatrice.

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