Deux conservateurs veulent que le gouvernement arrête les passages clandestins

MONTRÉAL – Deux députés conservateurs exhortent le gouvernement fédéral à empêcher les passages clandestins de demandeurs d’asile à la frontière canado-américaine.

Michelle Rempel et Tony Clement affirment que ces passages illégaux sont dangereux et apportent un lourd fardeau sur les épaules des policiers locaux.

«Le gouvernement doit réagir à la situation de façon à assurer la sécurité des Canadiens et à envoyer un message fort à ceux qui envisagent de franchir illégalement la frontière qu’il existe des canaux appropriés pour le faire», a déclaré la porte-parole conservatrice en immigration dans une série de micromessages sur Twitter.

M. Clement, qui est aussi porte-parole du parti en matière de sécurité publique, lui a donné son appui en transmettant ce micromessage: «Les passages illégaux sont dangereux et représentent un fardeau pour les autorités locales. Nos lois doivent être appliquées.»

Les micromessages de Mme Rempel ont été publiés après que la GRC au Manitoba eut annoncé qu’elle avait intercepté 22 autres demandeurs d’asile près d’Emerson, samedi soir.

Les policiers ont indiqué qu’un nombre grandissant de personnes tentent de franchir la frontière canadienne à pied afin d’y pouvoir réclamer le statut de réfugié. Plusieurs dizaines d’arrestations se sont déroulées à Emerson au cours des dernières semaines.

Le Québec a vu une augmentation de demande de statut de réfugiés par des individus étant entrés illégalement dans la province.

Ces immigrants tentent de contourner l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs, laquelle interdit à des demandeurs d’asile vivant aux États-Unis de réclamer le statut de réfugié à un poste-frontière. Le postulat de l’accord repose qu’en arrivant en premier lieu aux États-Unis — ou au Canada — ils sont déjà en sécurité.

Selon un avocat spécialiste en droit de l’immigration, Eric Taillefer, le moyen le plus simple d’empêcher ces passages illégaux est d’annuler l’Entente et de permettre à quiconque arrivant à un poste-frontière de réclamer le statut de réfugié.

«Ils ne traversent pas en plein hiver à -30 pour le fun. Ils font cela parce qu’ils n’ont pas le choix», a souligné celui qui est aussi vice-président de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration.

Une porte-parole du ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen, a déclaré que le gouvernement fédéral n’envisageait pas de se retirer de l’accord.

«L’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs est un important instrument pour que le Canada et les États-Unis oeuvrent conjointement sur le traitement ordonné des demandes du statut de réfugié dans les deux pays», a écrit Camielle Edwards dans un courriel.

Elle a ajouté que le gouvernement et la GRC collaborent pour réagir à l’augmentation des demandes d’asile, lesquelles demeurent «au-dessous des fluctuations antérieures».

Selon Me Taillefer, les conservateurs n’ont qu’eux-mêmes à blâmer. Il a laissé entendre que les règles plus sévères adoptées par l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper ont peut-être contribué à la situation actuelle en compliquant la vie des réfugiés voulant entrer légalement dans le pays.

«C’est un peu de leur faute si on est pris dans ce carcan-là parce que le nouveau système de demandes d’asile qui commence à avoir des difficultés, c’est eux-autres qui l’ont mis en place en 2012. Avant cela, on n’avait pas ce genre de problème.»