Deux épisodes de smog en peu de temps: ce n’est pas inhabituel, selon un météorologue

MONTRÉAL — Même s’il y a eu deux épisodes de smog hivernal au Québec en peu de temps, cette situation n’est pas inhabituelle, selon un météorologue d’Environnement Canada.

L’épisode de smog qui a affecté la qualité de l’air à Montréal durant près de quatre jours — du 31 janvier au 3 février — est le plus long depuis 2012, a confirmé le météorologue Simon Legault.

D’autres régions ont aussi été enveloppées par cet air pollué dont l’Estrie, les Laurentides, la Mauricie et la grande région de Québec.

Puis, mardi matin, un autre avertissement de smog, qui est une forme de manifestation de la pollution dans l’air, a été diffusé par Environnement Canada dans plusieurs régions du Québec, soit le grand Montréal, celle de Québec et de la Mauricie—Bois-Francs.

Parce que les deux épisodes sont rapprochés dans le temps, ils peuvent surprendre et soulever des questions, «mais ça ne démontre rien de particulier en tant que tel», a indiqué M. Legault.

En moyenne, depuis environ 10 ans, Montréal subit 19 journées de smog hivernal par année, Québec 12 et la Mauricie 14. «Mais cela varie d’une année à l’autre», précise-t-il.

Pour Montréal, les deux derniers épisodes ont amené le total des journées de smog d’hiver à 12. Le météorologue ne s’attend pas à ce que la métropole dépasse la moyenne annuelle car les mois de mars et d’avril sont peu propices au smog. «On n’est pas dans l’extrême», dit-il.

Il distingue d’ailleurs le «smog d’hiver» du «smog d’été». Les incendies de forêt qui surviennent lors de la période estivale jouent un rôle pour ce dernier.

Mais en hiver, il s’agit de tout autre chose.

Pour qu’un smog hivernal se produise, il faut la combinaison de pollution et de certaines conditions météorologiques.

Pour le smog hivernal au Québec, les fines particules en suspension dans l’air proviennent de deux sources de pollution principales, soit le chauffage au bois et les émissions provenant des camions, voitures et autres véhicules.

Sont aussi en cause, dans une moindre mesure, les rejets industriels et le sel d’épandage déversé sur les rues et les trottoirs. Quand il sèche, il est visible lorsque l’asphalte des rues devient blanchâtre, explique M. Legault, ajoutant que ce sel séché dégage aussi des particules dans l’air.

«Et cela prend des conditions météorologiques qui permettent l’accumulation des polluants.» S’ils sont émis mais que les particules sont dispersées par le vent, la qualité de l’air sera adéquate.

Mais s’il y a peu de vent et donc peu de dispersion verticale qui permettrait d’envoyer la pollution vers le haut, le smog peut être créé. La température froide peut aussi empêcher la dispersion des particules polluantes.

Santé Canada avertit que le smog est un facteur qui contribue à des milliers de décès prématurés survenant chaque année à l’échelle du pays ainsi qu’à des hospitalisations et des consultations médicales plus fréquentes.

Les plus populaires