Deuxième mandat: Legault refuse de préciser la passation des pouvoirs

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault refuse de préciser à quel moment s’effectuera la passation des pouvoirs, quand il quittera la politique au cours d’un éventuel deuxième mandat.

M. Legault a pris beaucoup de monde par surprise, lors d’une entrevue à La Presse canadienne la semaine dernière à San Francisco, lorsqu’il a affirmé qu’il serait sur les rangs en 2022, mais qu’il ne voulait pas faire plus de deux mandats comme chef du gouvernement du Québec.

Il évoquait le fait qu’il devrait donc quitter la vie politique vers la fin d’un éventuel deuxième mandat, pour laisser la place à son successeur à temps pour la campagne électorale de 2026.

Mercredi, pressé de questions par les médias sur une inévitable course au leadership en cours de mandat, M. Legault a cherché à corriger le tir, se contentant de dire qu’il avait l’intention de «compléter» un deuxième mandat.

Or, il est difficile d’imaginer un chef de parti compléter un mandat, tout en disant qu’un successeur devrait assumer le suivant, le lendemain matin, en pleine campagne électorale. Entre les deux, il doit y avoir une course au leadership, qui peut s’étirer sur une année entière, voire davantage, comme on le voit présentement au Parti libéral du Québec (PLQ) et au Parti québécois (PQ).

D’ailleurs, la constitution de la Coalition avenir Québec (CAQ) prévoit à l’article 27 que le parti doit tenir une telle course au leadership et un congrès dans les six mois suivant la démission éventuelle du chef.

L’élection d’un nouveau chef, lors d’un congrès à la direction, se tiendra «au suffrage universel secret direct des membres du parti de la façon prévue par le Conseil exécutif national».

C’est cette instance qui devra fixer les conditions — qu’il reste à définir — selon lesquelles une personne pourra poser sa candidature pour devenir chef de la CAQ.

Le jour où le premier ministre démissionnerait, toute une mécanique devrait alors s’enclencher, une mécanique qui demande du temps.

En 2022, si la CAQ conserve le pouvoir, cela signifie que les électeurs auront choisi de voter pour un parti, sans savoir qui dirigera le Québec vers la fin du mandat.

«J’ai six, sept ans devant moi», a dit M. Legault, mercredi, cherchant à se faire rassurant et refusant d’envisager la suite des choses.

«C’est loin, c’est très, très loin», a-t-il ajouté.

Dans le passé, des premiers ministres ont quitté leur fonction en cours de mandat (René Lévesque en 1985, Jacques Parizeau en 1995, Lucien Bouchard en 2001), mais c’est la première fois qu’un premier ministre annonce à l’avance qu’il ne sollicitera pas de troisième mandat, quoi qu’il arrive.

En entrevue la semaine dernière, il avait expliqué que «le pouvoir pour le pouvoir» ne l’intéressait pas.